Le piratage touche 3 logiciels sur 10

Le piratage de logiciels n'a pas reculé en Belgique en 2004. Telle est la principale conclusion du volet belge d'une étude mondiale menée par la Business Software Alliance (BSA), une association qui regroupe les principaux éditeurs de logiciels dans le monde parmi lesquels Adobe, IBM, Microsoft, ou Symantec.

M.V.O.

Le piratage de logiciels n'a pas reculé en Belgique en 2004. Telle est la principale conclusion du volet belge d'une étude mondiale menée par la Business Software Alliance (BSA), une association qui regroupe les principaux éditeurs de logiciels dans le monde parmi lesquels Adobe, IBM, Microsoft, ou Symantec.

«Le pourcentage de programmes utilisés sans licence valable en Belgique en 2004 s'élève à 29 pc, soit le même score que lors de l'étude effectuée en 2003», explique Erik Dejonghe, le porte-parole de BSA Belgique. «Pour nous, ce chiffre constitue une déception dans la mesure où, avec les nombreuses actions de sensibilisation que nous menons depuis 2003, nous avions espéré qu'il aurait baissé de deux points pour atteindre 27 pc.»

Plus de 75 pc en Russie

Selon BSA, cette contre-performance est due principalement à l'utilisation de logiciels pirates dans la sphère privée, la plupart des (grandes) entreprises se méfiant désormais comme la peste des contrôles et des amendes sévères qui en découlent. La preuve: même si le résultat de 2004 est jugé décevant par l'association, le taux de piratage en Belgique s'élevait encore à 38 pc en 1996.

Le résultat belge est même tout à fait honorable si on le compare à celui de la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique). Dans cette région, l'étude de BSA montre que 39 pc des logiciels utilisés sont piratés. Un chiffre en baisse de 2 pc par rapport à 2003, mais l'Italie par exemple culmine toujours à 50 pc. Si l'on étend cette comparaison au reste des 87 pays examinés par l'association, on constate par ailleurs que le taux de piratage reste supérieur à 60 pc dans plus de la moitié des pays et que, dans 24 pays, il s'élève même à plus de 75 pc. C'est le cas en Russie et en Ukraine par exemple.

Toujours selon BSA, les pertes entraînées pour l'industrie des logiciels par ce phénomène du piratage auraient connu une croissance de 3 milliards de dollars en 2004, pour atteindre la coquette somme de 15,7 milliards de dollars. En Belgique aussi, cette estimation du préjudice subi par l'industrie a été fortement revue à la hausse, passant de 240 millions de dollars en 2003 à 309 millions en 2004. «Mais cette augmentation est en partie due au fait que tous les chiffres de BSA sont donnés en dollars et qu'il y a donc un effet de conversion», précise Erik Dejonghe. «Elle s'explique également par la bonne année 2004 connue par le secteur des logiciels, avec le remplacement de nombre de programmes installés en 1999 au moment de la panique pré-bug de l'an 2000.»

En 2005, BSA s'attend à ce que le piratage de logiciels continue à diminuer en Belgique Pour cela, elle compte notamment sur un renforcement du cadre juridique.

© La Libre Belgique 2005

Sur le même sujet