Année 2004 record pour l'intérim

" L'image de l'intérim a changé. Les entreprises qui font appel aux agences du secteur ne le font plus seulement pour trouver du personnel flexible ou de remplacement. Elles choisissent aussi cette voie pour recruter", note Yvan Dierckxsens, président de Federgon, lors de la présentation du rapport annuel de la Fédération des partenaires de l'emploi.

Solange Berger
Année 2004 record pour l'intérim
©Aurore Skelton

L' image de l'intérim a changé. Les entreprises qui font appel aux agences du secteur ne le font plus seulement pour trouver du personnel flexible ou de remplacement. Elles choisissent aussi cette voie pour recruter», note Yvan Dierckxsens, président de Federgon, lors de la présentation du rapport annuel de la Fédération des partenaires de l'emploi. En effet, plus de 60pc des entreprises estiment le recours à l'intérim très important pour recruter du personnel fixe et trouver du personnel adéquat. Du côté des travailleurs, Federgon note que 63,3pc des intérimaires -qui le sont à titre principal- ont reçu une proposition d'emploi fixe au terme de leur mission.

«De nombreuses entreprises engagent du personnel via l'intérim. Quand leur situation économique est plus sûre, elles engagent définitivement ces intérimaires», constate Yvan Dierckxsens.

Après une situation un peu plus morose en 2002 et 2003, le secteur de l'intérim est reparti à la hausse en 2004. Quelque 75131 intérimaires ont été mis en moyenne au travail par jour (en équivalent temps plein) en 2004, pour 65868 en 2003.

«C'est une année record, note Herwig Muyldermans, directeur général de Federgon. Le nombre d'heures de travail prestées a augmenté de 14pc en un an. La croissance s'est poursuivie au cours du premier trimestre 2005 (+10,3pc), avec cette fois un recours à l'intérim motivé par les incertitudes sur les perspectives économiques à court et moyen termes.»

En 2004, quelque 429000 intérimaires ont été mis au travail, dont 103000 étudiants jobistes. «Certains intérimaires ont travaillé toute l'année; d'autres sur une mission d'une semaine», précise Herwig Muyldermans.

Dans son rapport, Federgon insiste sur le rôle de l'intérim comme fournisseur d'emplois pour toutes les nationalités, pour les chômeurs -42,2pc des intérimaires étaient chômeurs avant leur dernière mission-, pour les plus de 45 ans -qui étaient 26392 en 2004- et pour les travailleurs moins qualifiés. Et ces derniers notamment via les titres-services, dont l'intérim gère 40pc des heures prestées.

Chèques «outplacement»

Si l'intérim occupe une place de choix au sein de Federgon, la fédération couvre également d'autres secteurs. Parmi ceux-ci: le Recruitment, Search and Selection; soit: la recherche d'emplois à haut niveau qui connaît également en 2004 une croissance de 16pc par rapport à 2003, avec 5230 candidats ayant trouvé un emploi.

Autre secteur: l'outplacement. «Il faut que certaines choses évoluent», estime Herwig Muyldermans, qui plaide notamment pour l'instauration de «chèques outplacement» qui prévoiraient une intervention financière de l'Etat et pourraient être accessibles à toute entreprise. «Il faudrait que tous les travailleurs aient la possibilité, lors d'un licenciement, d'avoir une aide pour redémarrer une carrière.»

© La Libre Belgique 2005