Les factures impayées coûtent 6 milliards par an

Chaque année, les créances qui ne peuvent être recouvrées coûtent quelque 6 milliards d'euros aux sociétés belges. Ces dernières doivent en outre attendre, en moyenne, 50,7 jours avant d'être payées (contre 51,8 jours en 2003), selon une enquête menée auprès de 6500 entreprises de 23 pays et présentée ce jeudi par Intrum Justitia, le leader sur le marché européen des services en gestion de débiteurs.

(Belga)

Chaque année, les créances qui ne peuvent être recouvrées coûtent quelque 6 milliards d'euros aux sociétés belges. Ces dernières doivent en outre attendre, en moyenne, 50,7 jours avant d'être payées (contre 51,8 jours en 2003), selon une enquête menée auprès de 6500 entreprises de 23 pays et présentée ce jeudi par Intrum Justitia, le leader sur le marché européen des services en gestion de débiteurs.

« Concrètement, cela signifie qu'annuellement, des produits et des services pour un montant de 6 milliards d'euros sont livrés à des entreprises mais qu'ils ne sont jamais payés», précise Robin Vieveen, le responsable d'Intrum Justitia pour la Belgique. « Même si le montant des pertes sur le marché belge a évolué favorablement au cours de l'année dernière, elles restent encore bien trop importantes», a-t-il ajouté.

Au niveau international, la Belgique occupe la 15e place de l'«European Payment Index».

« Les sociétés belges doivent attendre en moyenne 50,7 jours avant d'être payées, ce qui représente un dépassement du délai prévu de 15,7 jours», a poursuivi Robin Vieveen.

En 2003, la durée des paiements atteignait en moyenne 51,8 jours, et le délai - c'est-à-dire le temps dépassant la date limite fixée pour le paiement d'une facture - s'affichait à 16,8 jours. Le pourcentage de créances en souffrance depuis plus de 90 jours, quant à lui, a progressé à 21,3pc.

Les Belges bons payeurs

Autre élément frappant de l'enquête: le secteur public fait partie, en Europe, des payeurs les plus tardifs, avec une durée moyenne de règlement des factures de 64 jours, soit près de 21 jours après l'échéance. A l'autre extrême, les consommateurs sont les plus rapides, avec une durée de paiement de 40 jours. Dans ce domaine, les consommateurs belges font partie des bons élèves, eux qui règlent leurs créances après 31,5 jours en moyenne. Quant au secteur public du Royaume, il fait figure de cancre européen avec sa moyenne de 75,5 jours.

« Les paiements tardifs ont des effets désastreux sur l'économie européenne», dit Robin Vieveen, selon qui « une faillite sur quatre est liée au problème», ce qui représente une perte de quelque 450000 emplois par an.

Face à cette situation, Intrum Justitia recommande aux entreprises de mener une politique de paiement cohérente, passant notamment par l'envoi de sommations et par la facturation des intérêts et des coûts. «Mais l'essentiel, c'est d'améliorer l'éthique de paiement en Europe», a conclu le responsable. En Belgique, Intrum Justitia est basé à Gand et compte une soixantaine de travailleurs.

© La Libre Belgique 2005