La Fnac ne développera plus de photos

Après avoir entretenu le flou sur le sujet, la direction de Fnac Belgique a indiqué mardi avoir pris la décision de fermer ses 22 points de vente Fnac Services, actifs principalement dans le développement de photos.

Ph.Law.

Après avoir entretenu le flou sur le sujet, la direction de Fnac Belgique a indiqué mardi avoir pris la décision de fermer ses 22 points de vente Fnac Services, actifs principalement dans le développement de photos. Ses petites succursales baisseront définitivement leur volet d'ici au 31 décembre 2005. «Cela fait des années que les Fnac Services sont déficitaires. Le réseau est en place depuis 1983 et depuis deux ans, le chiffre d'affaires est en déclin. Le marché de la photo a tellement changé avec l'arrivée du numérique, tout le monde est capable de développer des photos avec des imprimantes et de bons papiers», explique Ann De Haeyn, porte-parole de Fnac Belgique.

D'après elle, le réseau des Fnac Services emploie une quinzaine d'indépendants (des franchisés) mais rien n'est encore décidé pour ceux-ci qui vont perdre leur emploi. «S'il y a des opportunités, Fnac Belgique leur offrira des possibilités d'engagement. L'annonce de la fermeture a été faite lundi et ce n'était pas vraiment une surprise pour eux...», précise-t-elle. Mais les trois personnes sous statut Fnac et qui s'occupent de l'approvisionnement du réseau des Fnac Services seront affectées à d'autres postes au sein de l'entreprise. D'après la direction de Fnac Belgique, la fermeture des 22 Fnac Services n'affectera en rien le plan de relance et les investissements annoncés au cours de cette année.

Défaut d'anticipation

La décision de la direction de Fnac Belgique de clore définitivement l'aventure des Fnac Services n'enchante guère les syndicats. Et ce pour diverses raisons. «Il y a trois choses qui nous ont choqués. Primo, nous étions à une réunion du CPPT (prévention et protection au travail) lundi et la direction n'a rien dit sur cette décision de fermer les Fnac Services. Secundo, nous avons appris en avril, de nos collègues français, que les Fnac Services en France vont fermer. Au conseil d'entreprise du 10 juin, à la question de savoir ce qu'il adviendrait du réseau belge, la direction nous a répondu que seuls 6 Fnac Services sont déficitaires et qu'ils seront fermés en 2005. Pour les autres, elle a dit qu'il faut être créatif, mais elle annonce un mois et demi après la fermeture totale. Tertio, il y a quelques mois, sous prétexte de respecter la législation, la direction a fait passer des employés Fnac de Fnac Services en gérants indépendants; on a l'impression que c'est une duperie, car il est plus facile de se débarrasser des indépendants que des salariés», fustige Irène Kaufer, déléguée Setca de Bruxelles.

Elle dénonce un défaut d'anticipation dans le chef des dirigeants de Fnac Belgique et le fait que les organisations syndicales aient appris la mauvaise nouvelle par la presse. «D'après la direction, la fermeture ne concerne que des indépendants, donc les syndicats ne peuvent pas s'en occuper. Mais elle sait depuis des mois, sur base du cas français, qu'il faudra fermer les Fnac Services en Belgique et elle n'a rien fait pour proposer des formations aux travailleurs concernés en vue de leur reclassement», dit-elle.

Elle rappelle en passant que certains des franchisés des Fnac Services occupent des employés, qui vont perdre leur travail. Et elle voit mal comment la société, qui vient de supprimer des postes de travail et qui n'est pas en phase d'engagement de personnel, peut dégager des opportunités pour les franchisés.

© La Libre Belgique 2005