TNT: vols passagers au départ de Liège

Le leader du courrier express lancera des vols passagers de Liège dès avril 2006. Il prévoit aussi l'engagement de 100 pilotes l'an prochain. Niky Terzakis, directeur général de TNT Airways, déplore l'attitude des permanents syndicaux.

TNT: vols passagers au départ de Liège
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PHILIPPE LAWSON

ENTRETIEN

Quel bilan tirez-vous de votre arrivée à Liège-Bierset depuis mars 1998?

Il est sans contexte positif. Nous sommes convaincus d'avoir fait le bon choix, nous avons une excellente implantation. Les services dans la région et aéroportuaires, la qualité du personnel, la capacité de mobilisation des travailleurs dans le bon sens du terme est toujours présente et le tout contribue au succès de TNT. Nous allons d'ailleurs lancer un trafic passagers au départ de l'aéroport de Liège dès avril 2006. Jusqu'à présent, nous avons toujours volé de l'aéroport de Zaventem pour le trafic «passagers», mais dès la saison prochaine, on aura un avion basé à Liège et qui ira vers des destinations comme Ajaccio, Barcelone, Monastir, Palma, Ibiza.

S'agit-il d'une activité qui va prendre de l'ampleur au sein de TNT?

L'idée n'est pas de la globaliser au niveau mondial. Notre objectif est d'essayer d'augmenter l'utilisation annuelle de nos avions. Ils sont trop peu utilisés, car seuls 25pc des volumes express sont acheminés par avion chez TNT, le reste est fait par voie routière. Nous utilisons les avions pour des raisons de longues distances et seulement la nuit. Au départ de Liège, nous avons un réseau routier extraordinaire, dont ne disposent pas nos concurrents. De plus, le coût du kilo transporté par avion est 10 à 12 fois supérieur à celui de l'acheminement par la route. Nous utilisons donc les avions avec parcimonie.

Quels sont les résultats de l'activité passagers à Zaventem?

La saison qui vient de s'écouler, c'est-à-dire entre avril et octobre, nous avons transporté 160000 passagers avec deux appareils de Zaventem. Financièrement, le bilan est très positif, car nous avons dégagé un profit d'environ un million d'euros. Nous avons travaillé avec huit tour- opérateurs (TO), dont Club Med, Interconfort, Thomas Cook, etc. Nous ne sommes pas bon marché et nous sommes en concurrence directe avec des compagnies aériennes étrangères qui ont des structures de coûts plus faibles que nous. Nos salaires sont plus élevés car nous engageons du personnel de cabine très qualifié (ex-Sabena et ex-City Bird) et nos avions sont fiables sur le plan technique.

Comment utilisez-vous les avions pour l'express et le trafic «passagers» ?

Tout d'abord, le transport «passagers» nous permet de répartir nos coûts fixes sur une plus grande utilisation. Ça fait plus de 5 ans qu'on parle du système «Quick Change» et on en avait même discuté avec la Sabena avant sa faillite. Nous avons l'opportunité sur un type d'avions qui est le BAe 146 et en particulier le Boeing 737, dont la variante «Quick Change» permet de changer de rôle pour l'avion de cargo en passager de façon rapide. L'activité «passagers» est complémentaire à l'activité de courrier express. D'une part, la tendance saisonnière est totalement inversée, pour nous la basse saison c'est l'été, parce que les entreprises sont à l'arrêt et on a trop d'avions et c'est à ce moment que les compagnies charters en ont besoin. D'autre part, c'est une activité diurne et en charter les gens préfèrent partir le week-end en vacances. Un Boeing 737 fait environ 20 heures d'utilisation moyenne sur une semaine de 5 jours, le même avion fait près de 70 heures en version «passagers» le week-end (samedi minuit à lundi soir à 20h). Outre l'aspect financier, le trafic «passagers» permet au public non professionnel de faire connaissance avec notre entreprise, car il vole avec un avion aux couleurs de TNT.

Quelle est l'évolution de l'emploi chez TNT à Liège-Bierset?

Nous avons démarré l'activité express avec 550 personnes et aujourd'hui on emploie au total (hub et compagnie aérienne) 1565 travailleurs. L'année prochaine, avec le programme d'augmentation du nombre d'avions au profit de la compagnie aérienne, TNT Airways, c'est 100 pilotes supplémentaires qui vont être engagés. Sans compter l'extension du hub. Il y a 62 nationalités qui se côtoient chez nous quotidiennement sans aucun souci. Le climat social dans l'entreprise est excellent et il s'est considérablement amélioré ces dernières années. Mais c'est avec les permanents syndicaux en dehors de l'entreprise que nous avons des problèmes. Ils instrumentalisent leurs affiliés en interne pour des raisons qui n'ont rien à voir avec l'activité express. Un blocage du hub de Liège coûte au groupe près de 5 millions d'euros par jour. Sans compter l'impact négatif chez les clients.

© La Libre Belgique 2005