Statu quo prévisible à l'Opep

Les pays de l'Opep semblent d'accord pour maintenir leur niveau de production inchangé à la réunion de ce lundi à Koweït, le cartel jugeant pour l'heure le marché bien approvisionné et les prix supportables pour les consommateurs. Le président du cartel, cheik Ahmed al-Fahd al-Sabah, a affirmé samedi qu'un consensus existait entre les membres de l'Opep pour garder les quotas de production à 28 millions de barils par jour.

(AFP)

Les pays de l'Opep semblent d'accord pour maintenir leur niveau de production inchangé à la réunion de ce lundi à Koweït, le cartel jugeant pour l'heure le marché bien approvisionné et les prix supportables pour les consommateurs.

L'après-Katrina

Le président du cartel, cheik Ahmed al-Fahd al-Sabah, a affirmé samedi qu'un consensus existait entre les membres de l'Opep pour garder les quotas de production à 28 millions de barils par jour, et continuer à produire au niveau actuel, soit 30 mbj en comptant l'Irak. Le ministre saoudien du Pétrole, Ali Al-Nouaïmi, a renchéri dimanche, estimant qu'il n'était « probablement pas nécessaire» de modifier le niveau de production de l'Opep.

Les membres de l'Opep ne paraissaient cependant pas tous convaincus de la nécessité de reconduire la mesure d'urgence prise en septembre, après le passage destructeur des ouragans Katrina et Rita aux Etats-Unis. Cette mesure, qui court jusqu'au 31 décembre, consiste à mettre à la disposition du marché, si celui-ci en fait la demande, la production supplémentaire que le cartel est encore capable de fournir, soit 2 mbj. L'essentiel de cet effort est fourni par l'Arabie saoudite, premier producteur mondial.

Le président a admis que les pays membres avaient des « opinions différentes» à son sujet. Outre le Koweït, l'Algérie et les Emirats arabes unis, premiers arrivés dans la capitale, se sont déclarés favorables à une reconduction de cette mesure d'urgence. Le ministre émirati de l'Energie, Mohammed al-Hameli, a même souhaité samedi que le cartel prolonge cette offre de 2 mbj pendant encore trois mois.

Il faut dire que l'industrie pétrolière américaine n'est pas encore complètement remise des dégâts causés par les ouragans plus tôt cette année, et qu'une vague de froid menace aux Etats-Unis. Les prix ont certes perdu 15pc depuis leur record (70,85 dollars le baril fin août), mais ils se maintiennent au-delà de 60 dollars à New York, soit presque le double de leur niveau de début 2003.

Les pays consommateurs semblent s'être en partie résignés à cette situation, mais le risque que cela fait peser sur leurs économies les fait régulièrement grincer des dents et appeler à une meilleure maîtrise du marché.

© La Libre Belgique 2005