Carmen Cordier donne sa version

C'était bel et bien une offre hostile.» Après le patron de Belgacom, Didier Bellens, la semaine dernière, c'est au tour de Carmen Cordier de donner sa version des faits quant au rachat mouvementé de Telindus par Belgacom, qui fut incontestablement la saga boursière de la fin 2005.

M.V.O.

C'était bel et bien une offre hostile.» Après le patron de Belgacom, Didier Bellens, la semaine dernière, c'est au tour de Carmen Cordier de donner sa version des faits quant au rachat mouvementé de Telindus par Belgacom, qui fut incontestablement la saga boursière de la fin 2005.

S'exprimant rarement dans la presse, la fille du fondateur de Telindus John Cordier a accordé samedi une interview au «Tijd». Elle y explique notamment qu'elle a rencontré Didier Bellens pour la première fois lors d'un dîner organisé le 27 septembre chez Petercam, et que celui-ci lui a effectivement dit à cette occasion que Belgacom était à la recherche de nouvelles pistes de croissance. «Mais les mots offre ou acquisition n'ont jamais été prononcés», assure-t-elle. Or, deux jours plus tard, l'opérateur lançait son offre sur Telindus.

«Selon moi, ce dîner n'était peut-être qu'une formalité afin que Belgacom puisse indiquer dans le prospectus de son offre qu'il y avait eu des contacts préalables entre les deux sociétés», s'interroge-t-elle, en reconnaissant que la nouvelle de l'offre avait été pour elle un «choc» et une «surprise».

«Le passé est le passé»

Même si la famille Cordier a empoché la rondelette somme de 86 millions d'euros en cédant ses actions à Belgacom, Carmen Cordier affirme que ce n'est pas de gaieté de coeur qu'elle a vendu les siennes. «C'est comme s'il y avait un morceau de la famille qui s'en allait», dit-elle, en précisant également que ce n'est pas dans la nature de sa famille d'être des «rentiers passifs». «Telindus a accompli un beau parcours de 1969 jusqu'à aujourd'hui et nous espérons que celui-ci va se poursuivre. C'est notre principale préoccupation à l'heure actuelle.»

Pour l'instant, Carmen Cordier compte d'ailleurs conserver son poste de directrice de la stratégie chez Telindus. «Je vais voir comment les choses évoluent et si la nouvelle situation me convient, mais aujourd'hui, je continue à accomplir le travail que j'accomplissais jusqu'ici avec plaisir», explique-t-elle.

Comme Didier Bellens, la fille de John Cordier préfère par ailleurs se concentrer sur les mois à venir plutôt que sur les trois mois écoulés. «Qu'importe la manière dont les choses se sont déroulées, l'important est de construire un avenir pour cette entreprise. Il faut que l'attention soit concentrée là-dessus. Le passé est le passé.»

© La Libre Belgique 2006