2006, année des préparatifs pour UCB

On s'active chez UCB. «2006 est l'année de la préparation du lancement du Cimzia», a précisé mardi Roch Dolliveux, le président directeur général du groupe biopharmaceutique belge, lors de la présentation de ses résultats 2005. Ce nouveau médicament prometteur, sorti des laboratoires de Celltech - la firme britannique de biotechnologies rachetée en 2004 -, est destiné au traitement de la maladie de Crohn.

Sandrine Vandendooren

On s'active chez UCB. «2006 est l'année de la préparation du lancement du Cimzia», a précisé mardi Roch Dolliveux, le président directeur général du groupe biopharmaceutique belge, lors de la présentation de ses résultats 2005. Ce nouveau médicament prometteur, sorti des laboratoires de Celltech - la firme britannique de biotechnologies rachetée en 2004 -, est destiné au traitement de la maladie de Crohn. Cette affection inflammatoire chronique touche 10000 personnes en Belgique et plus d'un million de patients à travers le monde.

«Actuellement, il n'existe qu'un seul médicament sur le marché et celui-ci est administré par injection à l'hôpital. Le Cimzia est le plus grand développement médical dans le traitement de cette maladie; il peut être administré à domicile comme l'insuline», a précisé Roch Dolliveux. UCB espère lancer le Cimzia dans le courant du 1er semestre 2007 mais espère aussi terminer les essais cliniques à la fin de cette année afin d'obtenir les autorisations pour d'autres indications comme l'arthrite rhumatoïde. Le marché sur lequel UCB espère jouer un rôle majeur avec le Cimzia a pesé 7 milliards de dollars en 2005 (en hausse de 32pc par rapport à 2004). «C'est beaucoup plus que les marchés de l'allergie et de l'épilepsie ensemble ( ses deux domaines thérapeutiques historiques, NdlR) », souligne le patron français de l'entreprise.

Retour à la croissance en 2007

Qui dit préparatifs, dit investissements importants en recherche et développement (25pc des ventes nettes du groupe) et en marketing. Dans ces conditions, le groupe table sur un statu quo de ses résultats en 2006. «

Le retour à la croissance sera pour 2007 », a prévenu M. Dolliveux. C'est cette perspective lointaine qui a fait baisser le cours d'UCB en Bourse, mardi (-4,47pc à 39,50 euros). «Ces prévisions ont déçu les investisseurs qui tablaient sur une croissance des bénéfices pour 2006», observe Bernard Hanssens, analyste financier à la banque Degroof.

Car à part cela, il n'y a rien à redire au bulletin financier 2005 du groupe. Son bénéfice net a bondi de 130pc à 755 millions d'euros. Une hausse qui est due essentiellement à la plus-value de 475 millions réalisée sur la cession de sa division chimique «Surface Specialities». Hors éléments exceptionnels, le bénéfice s'élève à 270 millions (+37pc), en ligne avec les attentes des analystes. Son chiffre d'affaires s'est établi à 2,34 milliards, en hausse de 10pc (hors cessions et acquisitions). Et le dividende brut augmente, lui aussi, à 0,88 euro par action.

C'est, comme en 2004, le Keppra, son médicament vedette contre l'épilepsie, qui a tiré la croissance de la firme, l'an dernier. Ses ventes ont progressé de 34pc pour atteindre 560 millions d'euros, consolidant sa position de leader aux Etats-Unis. Dans l'allergie (le Zyrtec aux Etats-Unis et au Japon et le Xyzal en Europe), les ventes ont crû de 6pc à 688 millions.

A l'heure où l'on reparle fusions et OPA tous azimuts, UCB se dit serein. «Dans l'industrie biopharmaceutique, il faut avoir une taille critique: UCB l'a. Mais la clé du succès, c'est la découverte de nouveaux médicaments qui vont assurer la croissance du groupe à moyen et long terme. Nous les cherchons en interne et en externe. Cela peut prendre diverses formes: partenariats, licences, acquisitions, etc.»

© La Libre Belgique 2006