Coditel bascule vers le tout numérique

La télévision bascule de plus en plus vers le numérique. Après Telenet il y a quelques mois, c'est le câblo-opérateur bruxellois Coditel qui passe au «tout numérique» dès le 28 mars prochain.

M.V.O.

La télévision bascule de plus en plus vers le numérique. Après Telenet il y a quelques mois, c'est le câblo-opérateur bruxellois Coditel qui passe au «tout numérique» dès le 28 mars prochain. Ce qui signifie que ses quelque 140000 abonnés - répartis entre Bruxelles-Ville, Anderlecht, Molenbeek, Saint-Josse, Boitsfort, Wemmel et Drogenbos - auront accès à des chaînes supplémentaires, ainsi qu'à une meilleure qualité d'image et de son.

Concrètement, les abonnés de Coditel qui installeront chez eux un décodeur numérique - disponible gratuitement moyennant le dépôt d'une caution de 50 euros - auront accès pour le même abonnement de 12,31 euros par mois à 17 chaînes supplémentaires, essentiellement arabophones (Al Maghribia, Tunis 7, Canal Algérie, Al-Arabiyah, Al Jazeera Children). Pour 29,90 euros par mois, le nombre de chaînes peut même monter jusqu'à 100, alors que le consommateur particulièrement téléphage peut s'abonner aussi à des bouquets cinéma, enfants ou érotiques.

Plusieurs télés?

Revers de la médaille: comme chez Telenet, le passage de Coditel au numérique s'accompagne de la disparition de dix chaînes du signal analogique, parmi lesquelles Rai Uno, ARD ou BBC Two. «Ce sont les chaînes avec le moins d'audience», justifie Cyril Dukic, le directeur général du câblo-opérateur. Autre inconvénient: si l'on veut recevoir le service numérique sur plusieurs téléviseurs, il faut non seulement plusieurs décodeurs mais également payer 10 euros en plus par TV et par mois. Il reste néanmoins possible de recevoir gratuitement le signal analogique sur ses autres télés... du moins pour l'instant.

«Nous n'avons pas encore défini de date d'extinction du signal analogique, mais il est clair que c'est vers ça que nous allons», dit Bruno Moineville, le patron du groupe Altice, la maison mère de Coditel. Combien de clients auront-ils migré vers le numérique d'ici la fin de l'année? Bruno Moineville ne donne pas ses objectifs, mais il pense que la mutation devrait être «rapide».

Tout comme Telenet, les câblos wallons et Belgacom, la principale ambition de Coditel est d'avoir une offre «triple play». Autrement dit, de télévision numérique, mais aussi d'Internet et de téléphonie. C'est pour cette raison que la société a mené des grands travaux sur son réseau pendant 14 mois, en déployant notamment plus de fibre et de noeuds optiques pour augmenter la capacité.

«En Internet, nous offrons déjà des vitesses de 20 Mégabits par seconde et nous envisageons d'aller jusqu'à 100 Mégabits», dit Bruno Moineville. «Et en téléphonie, nous pensons pouvoir atteindre une part de marché de 10 pc dans les communes où nous sommes présents. Chaque mois, nous prenons en tout cas des milliers de clients aux opérateurs historiques, que ce soit en Belgique, en France ou au Luxembourg».

© La Libre Belgique 2006