Eurotunnel presse ses créanciers

Le groupe franco-britannique Eurotunnel a renoncé à arrêter ses comptes 2005 qui devaient être annoncés mercredi pour demander l'ouverture d'un nouveau délai lui permettant de renégocier sa dette de plus de 9 milliards d'euros avec ses créanciers.

(AFP)

Le groupe franco-britannique Eurotunnel a renoncé à arrêter ses comptes 2005 qui devaient être annoncés mercredi pour demander l'ouverture d'un nouveau délai lui permettant de renégocier sa dette de plus de 9 milliards d'euros avec ses créanciers.

«Dans l'attente des résultats de la négociation qui va s'engager, le Conseil d'administration considère qu'il est dans l'impossibilité de se prononcer sur la continuité de l'exploitation. Dès lors, le Conseil reporte la date d'arrêté des comptes», selon un communiqué du groupe, qui n'a annoncé que des données provisoires sur son exploitation.

Le PDG Jacques Gounon a reconnu qu'il s'agissait de «mettre la pression» afin d'obtenir un accord à la mi-mai. Il a estimé avoir de «bonnes chances» d'y parvenir s'il obtient de ses créanciers un nouveau délai, dit de «waiver», pour renégocier sa dette jusqu'au 12 juillet. «Si je décide de nous mettre la pression, c'est que j'ai la conviction forte qu'on peut arriver très vite à un accord avec toutes les parties», a déclaré à la presse M. Gounon. Cette nouvelle étape permettrait «pour la première fois, de regrouper l'ensemble des créanciers afin d'aboutir à un plan de restructuration financière consensuelle», indique le communiqué du groupe. «La non publication des comptes est un signal fort, on a la possibilité de conclure la négociation, je ne vois pas l'utilité de traîner, nous ne voulons pas nous engager dans un processus ou la prochaine échéance serait le 31 décembre 2006 », a-t-il ajouté.

Dynamique positive

M. Gounon a déclaré que la perte du groupe aurait été d'«un peu plus de 300 millions d'euros contre une perte de 836 millions d'euros en 2004 », si les résultats avaient été arrêtés. Sur la base de la valeur des actifs à fin 2004, le résultat opérationnel courant serait de 230 millions d'euros, en hausse de 19 pc. Mais «l'amélioration sensible des résultats opérationnels attendue sera insuffisante pour faire face aux remboursements programmés de la dette en 2007 », estime le groupe.

«Eurotunnel a réalisé en 2005 une réorganisation profonde permettant d'améliorer substantiellement son exploitation. Mais au-delà de cette dynamique positive, la pérennité de l'entreprise ne peut être assurée en 2007 que par une restructuration financière globale», a déclaré le PDG.

M. Gounon a aussi déclaré qu'il n'y avait «aucun risque» que le groupe se retrouve en cessation de paiements.

© La Libre Belgique 2006