Duval Guillaume, une ère nouvelle

Comme annoncé dans nos précédentes éditions, Publicis Groupe a racheté Duval Guillaume, première agence indépendante du pays avec une marge brute de 20 millions. Fidèle à son habitude, Publicis n'a pas dévoilé les détails financiers de l'opération. Tout ce que l'on sait, c'est que la transaction se fera en partie en cash et en partie en «earn out», sur cinq ans. Le groupe poursuivra ses activités sous la marque Duval Guillaume et restera autonome.

P.M.

Comme annoncé dans nos précédentes éditions, Publicis Groupe a racheté Duval Guillaume, première agence indépendante du pays avec une marge brute de 20 millions. Fidèle à son habitude, Publicis n'a pas dévoilé les détails financiers de l'opération. Tout ce que l'on sait, c'est que la transaction se fera en partie en cash et en partie en «earn out», sur cinq ans. Le groupe poursuivra ses activités sous la marque Duval Guillaume et restera autonome. Idem pour le management en place. André Duval, CEO, rapportera dorénavant au Chief Operating Officer de Publicis, Rick Bendel, et siégera dans le board mondial de Publicis. Au-delà - et c'est à tout le moins la motivation avouée de ses fondateurs - le deal avec le numéro quatre mondial devrait permettre à Duval Guillaume de renforcer son rayonnement au-delà de nos frontières: «Depuis le début, nous avons dit à nos collaborateurs que notre ambition était de créer une marque internationale; dix ans plus tard, nous sommes en passe d'y parvenir», s'enorgueillit André Duval.

«Mètre étalon»

Lancée en 1996 par deux transfuges de TBWA (André Duval, le commercial) et Young & Rubicam (Guillaume Van der Stighelent, le créatif), Duval Guillaume s'est rapidement imposée comme le «mètre étalon» de la créativité publicitaire made in Belgium. Dès sa mise sur orbite, l'agence bruxelloise a pu asseoir sa notoriété avec des marques «blue chips» comme Stella Artois ou Dexia. Depuis, elle a engrangé d'autres clients prestigieux: Belgacom, Spadel, Virgin, Huyndai, Sara Lee, Pernod Ricard, Guylian, Ter Beke, etc. Entre temps, Duval Guillaume a également diversifié ses activités, investissant dans une deuxième (DG Anvers) puis une troisième agence full service (DG New York, lancée l'an dernier) et, surtout, dans des filiales plus spécialisées. Que ce soit dans la communication corporate (DG Corporate), la pub interactive (DG E) ou l'activation de marque. Même si le vaisseau amiral Duval Guillaume Brussels génère toujours à lui seul plus de 10 millions de revenus, on constate que la diversification des activités représente actuellement près de la moitié du chiffre.

Au-delà de ces résultats, depuis une décennie, Duval Guillaume n'a cessé d'inspirer une nouvelle génération de jeunes publicitaires flamands dont Guillaume est devenu le mentor. Le succès actuel des LG&F et autre mortierbrigade - une agence issue d'un break away de quatre ex-DG - s'inspire de la réussite de leur aînée.

Bon nombre de concurrents de Duval Guillaume estiment que l'intégration du groupe belge dans l'une ou l'autre filiale internationale de Publicis (le groupe français possède également Saatchi & Saatchi et Leo Burnett) n'est plus qu'une question de mois. Peut-être. A moins que Duval Guillaume devienne une véritable référence internationale à l'instar d'une agence comme Bartle Bogle Hegarty, autre filiale de Publicis.

© La Libre Belgique 2006