Suez-GDF: Frère dubitatif sur la parité

Albert Frère a profité de l'assemblée générale de GBL, qui a eu lieu mardi, pour se prononcer pour la première fois publiquement sur le projet de fusion entre Suez et Gaz de France (GDF). En réponse à la question d'un actionnaire mettant en cause les conditions de l'opération (une Suez pour une GDF) qui seront soumises au vote de l'assemblée de Suez d'ici la fin de l'année.

Ariane van Caloen
Suez-GDF: Frère dubitatif sur la parité
©TANGUY JOCKMANS

Albert Frère a profité de l'assemblée générale de GBL, qui a eu lieu mardi, pour se prononcer pour la première fois publiquement sur le projet de fusion entre Suez et Gaz de France (GDF). En réponse à la question d'un actionnaire mettant en cause les conditions de l'opération (une Suez pour une GDF) qui seront soumises au vote de l'assemblée de Suez d'ici la fin de l'année, il a laissé entendre que lui aussi avait des réserves. «La parité d'échange sera celle que l'on approuvera à l'assemblée. Nous nous battrons. Mais je ne me prononce pas outre mesure. Comprenez surtout que je ne peux rien dire», a-t-il souligné.

Il a précisé que GBL est «consulté» et «attentif» à ce qui va se passer. Mais, il s'est aussi dit positif sur le projet de rapprochement «dont la logique s'impose à chacun». Et de rappeler que «Gaz de France est une belle société, qui n'a presque pas d'endettement, qui a un cash important et offre une belle complémentarité» avec Suez.

Calendrier respecté

Du côté de Suez, les déclarations d'Albert Frère ne suscitent pas de réaction particulière. Le projet de fusion a été approuvé à l'unanimité lors du conseil d'administration du 25 février, rappelle un porte-parole du groupe français. Mais il n'y a aucune indication que la parité a été approuvée à l'unanimité par le conseil.

Albert Frère va-t-il donc obtenir de meilleures conditions pour les actionnaires de Suez (dont GBL détient 7,2 pc)? C'est évidemment trop tôt pour répondre. Car, il y a encore de nombreuses étapes à franchir. Selon le calendrier annoncé en février, le projet devait être notifié à la Commission européenne en avril. Ce qui ne sera sans doute pas fait. «On a initié le processus», précise-t-on chez Suez. Autre étape importante: la loi qui fixe à 80 pc minimum la participation de l'Etat français dans GDF doit être modifiée. Normalement, le Parlement devait voter en juin. Là aussi, il y aura sans doute du retard. Mais, on reste «sur le calendrier de décembre» pour la réalisation de la fusion.

Précisions sur Bertelsmann

Bertelsmann, autre dossier clé pour GBL, a aussi fait l'objet de plusieurs questions. Albert Frère a rappelé que GBL, actionnaire à 25,1 pc, a décidé d'exercer le droit qui lui revient de demander une introduction en bourse. Les discussions débuteront fin mai. «Que veut la famille Mohn (actionnaire à 74,9 pc de Bertelsmann), nous ne le savons pas», a expliqué Albert Frère. «Nous avons émis le souhait de sortir de Bertelsmann, normalement pour les 25 pc», a-t-il dit. «On est en amont du processus. Tout se fait dans une ambiance cordiale», a précisé Thierry de Rudder, administrateur délégué. Et d'évoquer donc les deux pistes pour GBL: encaisser le cash suite à la vente et/ou rester actionnaire «d'un actif de bonne qualité.»

Concernant Total et le «spin off» (scission) d'Arkema, Albert Frère a précisé que cette société ne «revêt pas un caractère stratégique à long terme» pour GBL qui ne compte pas toutefois «céder cette ligne dans l'immédiat».

Quant à l'augmentation de capital, elle est «très bien reçue» par le marché avec, au terme de la première période de souscription, 95,2 pc des nouveaux titres souscrits.

© La Libre Belgique 2006