Et si le terminal GNL de Zeebrugge changeait d'actionnaire...

Il est assez frappant de noter que les activités de transport ou de terminalling GNL (gaz naturel liquéfié) sont présentées comme un atout clé du groupe qui naîtra de la fusion entre Suez et Gaz de France (GDF). «C'est la belle histoire à raconter. Cela permet de montrer une carte du monde», observe un analyste financier

AvC

Il est assez frappant de noter que les activités de transport ou de terminalling GNL (gaz naturel liquéfié) sont présentées comme un atout clé du groupe qui naîtra de la fusion entre Suez et Gaz de France (GDF). «C'est la belle histoire à raconter. Cela permet de montrer une carte du monde», observe un analyste financier.

L'idée est qu'il faudra aller chercher le gaz de plus en plus loin, dans des pays comme le Qatar et le transporter par bateau. Cela s'explique par la recherche d'une diversification d'approvisionnement face à une Russie omniprésente et parfois imprévisible (on l'a vu avec la crise en Ukraine). La Russie pourrait en effet représenter d'ici 10 ans 50 pc des achats d'hydrocarbures (gaz et pétrole), selon les chiffres de Jean-Pierre Hansen, l'administrateur délégué d'Electrabel.

Rémunération équitable

Tant les sociétés Distrigaz que Fluxys (contrôlées par Suez) sont présentes dans les activités GNL. Le terminal GNL de Zeebrugge (qui est contrôlé par Fluxys GNL) a déjà accueilli 900 méthaniers, soit 51 millions de tonnes de LNG. «C'est probablement, le terminal qui se développe le plus», soulignait récemment Jean-Pierre Hansen, lors d'un déjeuner au Sénat. Un plan d'investissement a été approuvé. L'objectif est de doubler la capacité du site pour la porter à 9 milliards de mètres cubes par an.

Toutefois, il n'est pas garanti que Suez gardera le contrôle sur Fluxys. En effet, une des pistes envisagées pour garantir la concurrence en Belgique, après la fusion entre Suez et GDF, serait de rendre les sociétés de transport indépendantes. Pour Elia, de nombreuses mesures (actionnariat diversifié, règles précises en matière de corporate governance,...) ont été prises en ce sens. En revanche, Suez reste l'actionnaire majoritaire de Fluxys. Serait-il perdant s'il devait céder sa participation ou une part de celle-ci? Selon certains experts, pas forcément. De fait, les activités de Fluxys (transport, stockage et terminalling) sont régulées. Le résultat repose sur le système du «cost plus» qui garantit une rémunération équitable des capitaux investis. Il ne faut donc pas s'attendre à une explosion des revenus. De plus, les conditions d'accès au terminal doivent être approuvées par la Commission de régulation de l'électricité et du gaz (Creg). Ces conditions d'accès doivent respecter normalement le principe de la non discrimination. Ce qui, semble-t-il, n'est toutefois pas évident. Car, il faut que les propositions de Fluxys le permettent en n'avantageant pas trop Distrigaz. Ce qui fait l'objet d'âpres discussions.

© La Libre Belgique 2006

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