Mittal/Arcelor: les autorités belges font durer le suspense

Après une réunion de plus de deux heures avec les experts de la banque d'affaires Lazard, les autorités belges (le fédéral et les Régions wallonne et flamande) n'ont pas pris position dans le dossier d'OPA de Mittal sur Arcelor. Elles ont juste pris acte du rapport de Lazard qu'elles avaient mandatée pour analyser les plans industriels des deux groupes sidérurgiques.

Ph.Law.

Après une réunion de plus de deux heures avec les experts de la banque d'affaires Lazard, les autorités belges (le fédéral et les Régions wallonne et flamande) n'ont pas pris position dans le dossier d'OPA de Mittal sur Arcelor. Elles ont juste pris acte du rapport de Lazard qu'elles avaient mandatée pour analyser les plans industriels des deux groupes sidérurgiques. Pour elles, les deux projets se valent et elles notent comme Lazard que «le plan d'indépendance d'Arcelor constitue une stratégie crédible basée sur le développement des produits à haute valeur ajoutée dans le cadre de la poursuite du partenariat de longue date entre les gouvernements belges» et le premier sidérurgiste européen.

La fusion proposée par Mittal reçoit aussi une bonne cote de la part de Lazard. «La stratégie de Mittal représente un projet industriel crédible fondé sur une vision globale à l'échelon mondial». Cette analyse de Lazard, que les Belges ont reprise à leur compte, n'est pas pour déplaire à Mittal Steel. «Notre plan industriel est basé sur une vraie logique industrielle et nous sommes convaincus que la fusion entre Mittal et Arcelor renforcera le secteur sidérurgique en Belgique, et que cela se fera dans l'intérêt de toutes les parties prenantes», a commenté lundi le numéro un mondial de l'acier.

Selon certaines sources, principalement du nord du pays, le projet de Mittal serait plus alléchant que celui d'Arcelor. Mais le fédéral et les gouvernements wallon et flamand se gardent bien de prendre position. Ils veulent encore avoir davantage d'informations de la part d'Arcelor sur l'impact de son plan de défense sur ses installations belges (gains de gestion et de synergies de 2,2 milliards d'euros, rachat d'actions d'environ 5 milliards d'euros, avenir de l'inox).

Chevalier blanc pour Arcelor

Ils souhaitent que Mittal confirme ses engagements par écrit (examen de l'avenir de l'inox, de la décision d'Arcelor de fermer le second haut fourneau de Liège en 2009, etc.). Ils s'inquiètent également de la «corporate governance» chez Mittal et craignent des risques liés à l'intégration («La Libre» du 12/05).

Chaque jour amenant son lot de propositions et de concessions de la part des deux groupes, les autorités belges s'attendent à de nouvelles évolutions dans le dossier. Elles se donnent encore du temps avant de décider. Elles pensent même qu'Arcelor pourrait annoncer l'arrivée à son secours d'un «Chevalier blanc».

Une réunion est prévue dans deux semaines (peut-être trois) entre les trois gouvernements qui pourraient se décider à ce moment là. Ce n'est qu'après que la Région wallonne décidera de ce qu'elle fera de sa participation de 2,4 pc qu'elle détient dans Arcelor. «La saga est loin d'être terminée. Nous prendrons attitude avant la fin de l'OPA, au moment où nous serons prêts», a indiqué le ministre-Président wallon, Elio Di Rupo (PS).

© La Libre Belgique 2006