PlayStation, un monde en soi

Véritable phénomène de société, la PlayStation de Sony est la référence en matière de consoles de jeux de salon. Accessoirement, elle est aussi la plus vendue au monde. A l'instar d'un Apple avec son iPod, Sony est parvenu à faire de ce produit une véritable marque icône.

Philippe Matisse

Véritable phénomène de société, la PlayStation de Sony est la référence en matière de consoles de jeux de salon. Accessoirement, elle est aussi la plus vendue au monde. A l'instar d'un Apple avec son iPod, Sony est parvenu à faire de ce produit une véritable marque icône. Ce, notamment, grâce à une stratégie de communication d'une rare cohérence et une «tonalité» créative aussi audacieuse que novatrice.

La saga publicitaire débute en 1995, l'année du lancement de la PS et de sa célèbre manette avec ses triangle, carré, cercle et croix. C'est l'époque de la fameuse signature «Ne sous-estimez pas la puissance de la PlayStation» qui permettra d'installer en un temps record ce produit révolutionnaire dans des millions de foyers. L'étape suivante consista à créer une communauté d'accros en fédérant les joueurs autour d'une valeur commune: succédant à la console de première génération, la PSII devient une sorte «drogue» légale (et pourtant très addictive, tous les parents vous le diront...). Elle permet aux joueurs de stimuler leur esprit et d'élargir leurs horizons... Par moments, les pubs PlayStation deviennent carrément anxiogènes. A l'image du spot réalisé en son temps par David Lynch et surtout, même si moins connu du grand public, de ceux mis en boîte par le «clipper» Chris Cunningham et Frank Budgen, star de la pub en Angleterre (à redécouvrir sur le site http://fr.playstation.com).

Pour autant, la communication reste avant tout liée au plaisir que procure cette consolde décidément addictive: «Fun anyone», c'est le titre d'un film pub également réalisé par Budgen, où une pyramide humaine toise les gratte-ciel d'une ville sur un air de Shirley Temple.

Autant les spots publicitaires de PlayStation sont marqués de l'empreinte britannique de l'agence TBWALondon, autant sa communication print est portée par le talent de sa consoeur parisienne. Une agence dont la création est depuis quelques années pilotée par notre compatriote Erik Vervroegen, sans doute le meilleur directeur de création de la planète aujourd'hui.

Grâce notamment à ses campagnes presse et affichage pour la PSII, TBWAParis a établi un record mondial en remportant trois fois de suite le prix de l'Agence de l'année au prestigieux Festival international de la publicité qui se tient chaque année à Cannes. Et, manifestement, l'agence de Boulogne-Billancourt est bien partie pour réaliser la passe de quatre. En témoigne cette nouvelle annonce/poster intitulée «Head» (la tête), qui vient de remporter le non moins prestigieux Grand Clio à Miami. L'illu publiée ci-contre ne permet malheureusement pas de se rendre compte de la richesse visuelle, de la débauche et du luxe de détails que contient le visuel... Alors, un conseil, ruez-vous sur le site Web de «La Libre» dès lundi matin, zoomez, baladez-vous tranquillement dans cette tête emplie des mille et une histoires qui trottent dans l'imaginaire des amateurs de PSII. Un rêve de directeur artistique... du grand Art, il n'y a pas d'autres mots.

© La Libre Belgique 2006