Les pièces belges sont minoritaires

Rassemblez toutes les pièces de monnaie que vous possédez et observez-les. En principe, vous devriez trouver une majorité de pièces provenant d'autres Etats européens que la Belgique. Car dans son recensement du 1 éme r juillet 2006, le site Internet Eurodiffusie (1), qui étudie l'origine des pièces de monnaie européennes, a calculé que seules 47,9 pc des pièces en circulation dans notre pays sont belges (contre 53,1 pc le 1er juin).

Philippe Galloy
Les pièces belges sont minoritaires
©FREDERIC SABLON

Rassemblez toutes les pièces de monnaie que vous possédez et observez-les. En principe, vous devriez trouver une majorité de pièces provenant d'autres Etats européens que la Belgique. Car dans son recensement du 1 éme r juillet 2006, le site Internet Eurodiffusie (1), qui étudie l'origine des pièces de monnaie européennes, a calculé que seules 47,9 pc des pièces en circulation dans notre pays sont belges (contre 53,1 pc le 1er juin).

On a donc dépassé le seuil de 50 pc d'euros étrangers en circulation en Belgique. Cette évolution est logique car lors de la mise en circulation des pièces et billets libellés en euro, le 1er janvier 2002, seuls 3,79 pc des pièces émises dans toute la zone euro arboraient le profil du Roi Albert II. Rien d'étonnant, dès lors, à ce qu'elles cèdent du terrain face aux exemplaires étrangers de la monnaie unique, au fil du temps et au gré des voyages des citoyens européens.

Parmi les euros étrangers qui ont émigré chez nous, on trouve évidemment d'abord des exemplaires provenant de nos pays limitrophes: les pièces françaises représentent 13,7 pc de l'ensemble de la monnaie recensée, les néerlandaises 12,8 pc et les allemandes 8 pc. Les pièces finlandaises arrivent en queue de peloton (0,5 pc du total).

Appel aux volontaires

Ces statistiques existent grâce à des chercheurs néerlandais curieux de savoir de quelle façon les pièces allaient se répartir dans l'Union européenne. Ils ont lancé dès 2002 un projet de mesure de la composition de nos porte-monnaie. En collaboration avec la revue scientifique «Natuur & Techniek», le groupe de recherche «Wiskunde met de Industrie», constitué par l'Université d'Amsterdam et le «Centrum voor wiskunde en informatica», a donc lancé le projet Eurodiffusie(1).

L'idée est simple: via un site Internet, les auteurs du projet font appel à des volontaires à travers les différents pays de l'eurozone pour qu'ils leur communiquent le nombre et l'origine des pièces qu'ils détiennent. Forts de ces données, les chercheurs établissent des statistiques par pays et même, pour la Belgique et les Pays-Bas, par province. On peut ainsi constater qu'à Anvers, les euros originaires des Pays-Bas (17,3 pc du total des pièces) sont plus nombreux que ceux qui proviennent de France (15,2 pc).

Le recensement de l'origine de la monnaie existe aussi selon le type de pièce (1 ou 2 euros, 1, 2, 5, 10, 20 ou 50 centimes). On constate ainsi que les «grosses» pièces voyagent davantage que la menue monnaie.

Enfin, un coup d'oeil sur les statistiques classées par Etat européen permet de constater que peu d'euros étrangers entrent en Allemagne alors que des pays davantage orientés vers le tourisme comme la France ou l'Espagne sont plus perméables aux pièces provenant d'autres pays de l'Union. Pour les (très) petits Etats (Vatican, Monaco, etc.) ou les pays les plus éloignés, le site Eurodiffusie souffre d'un manque de données.

(1) Bien que le site d'Eurodiffusie soit exclusivement disponible en néerlandais, son fonctionnement est assez simple. Avis à ceux qui souhaitent y contribuer!

Web www.eurodiffusie.nl.

© La Libre Belgique 2006