Série noire pour BP en Alaska

Le coup est rude. La compagnie pétrolière britannique BP a dû se résoudre à fermer provisoirement le champ de Prudhoe Bay, en Alaska, afin d'éviter une nouvelle pollution de grande ampleur. Ce gisement étant le plus grand des Etats-Unis, il s'en suit une réduction de la production pétrolière américaine de 8 pc.

P.Lo (avec AFP, Reuters)
Série noire pour BP en Alaska
©AP

Le coup est rude. La compagnie pétrolière britannique BP a dû se résoudre à fermer provisoirement le champ de Prudhoe Bay, en Alaska, afin d'éviter une nouvelle pollution de grande ampleur. Ce gisement étant le plus grand des Etats-Unis, il s'en suit une réduction de la production pétrolière américaine de 8 pc. La menace est sérieuse pour le ravitaillement en essence de la côte Ouest. Comme on le lira ci-dessous, les marchés ont vivement réagi, le baril de brut frôlant ses niveaux records de la mi-juillet. Pour sa part, l'action BP s'est vue malmenée en Bourse de Londres et à Wall Street où à l'heure de la clôture des marchés en Europe, la compagnie britannique BP perdait 1,81 pc à 71,23 dollars.

Corrosion «inattendue»

La série noire continue dans la région pour le géant pétrolier. Victime, au printemps dernier, d'une fuite d'un million de litres dont il doit répondre devant la justice fédérale américaine, le groupe a découvert ces derniers jours «une corrosion importante et inattendue» sur un oléoduc. D'où sa volonté de vérifier l'ensemble des conduits, opération censée prendre «plusieurs jours». La production reprendra normalement «quand l'entreprise et les autorités de régulation auront estimé qu'elle ne représente pas de menace pour l'environnement», est-il précisé. Aucun calendrier n'est avancé et les spéculations vont bon train, même si l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) s'est engagée à «compenser la perte» et si le gouvernement US s'est dit prêt à puiser dans ses réserves stratégiques.

«Nous regrettons d'avoir à agir ainsi et nous présentons nos excuses aux Américains et à l'Etat de l'Alaska pour les conséquences de cette décision», a déclaré le président de BP aux Etats-Unis, Bob Malone. Il faut dire que le groupe a accumulé les fausses notes aux USA ces derniers temps...

Tout a commencé en mars 2005. Une explosion à la raffinerie de Texas City a fait 15 morts et entraîné la condamnation de BP à une amende de 21,3 millions de dollars. En avril dernier, le groupe s'est vu infliger une nouvelle amende de 2,4 millions pour des problèmes dans une raffinerie de l'Ohio similaires à ceux de Texas City. La compagnie a reçu peu après une assignation à comparaître du Grand Jury d'Anchorage, pour la pollution à Prudhoe Bay. En juin, elle était accusée de manipuler les prix du propane...

En juillet, à en croire le «Financial Times», le gouvernement américain a fait part à BP de ses «inquiétudes» à propos des activités en Alaska. L'agence américaine de surveillance des installations pétrolières a imposé à la compagnie un examen approfondi des oléoducs avant le 12 juin mais BP a réussi à faire lever cette date butoir, ce qui a déclenché une polémique. La compagnie entend désormais accélérer la procédure.

BP, qui engrange comme bien d'autres des bénéfices records (12,9 milliards de dollars au premier semestre), se voit reprocher depuis plusieurs années des négligences dans la sécurité des installations de Prudhoe Bay, également détenu par les groupes américains ConocoPhillips et Chevron.

© La Libre Belgique 2006


Dubaï écrate les Américains L'émirat de Dubaï va prendre le contrôle des champs de pétrole offshore d'une unité de ConocoPhillips, mettant fin à 45 ans de coopération avec le géant américain. A cette fin, il a créé une entité, la Dubaï Petroleum Establishment, pour prendre le contrôle des ressources pétrolières de l'émirat de la Dubaï Petroleum Company (DPC), propriété à 100 pc du géant pétrolier, indique un communiqué. DPE remplacera DPC de ConocoPhillips à partir du 2 avril 2007 dans la gestion des champs pétroliers et pour toutes les affaires liées à la production de pétrole et de gaz. «DPC mettra fin à son rôle d'opérateur, marquant ainsi la fin de la première concession de pétrole offshore de Dubaï et le début d'une nouvelle phase durant laquelle l'émirat de Dubaï contrôlera directement ses ressources pétrolières offshore», est-il précisé. DPC fait partie de Dubaï Marine Areas Limited (Duma), un consortium impliquant des intérêts du français Total, de l'espagnol Repsol et des allemands RWE Dea AG et Wintershall AG.