Suez-GDF: c'est l'heure des griefs

On est à l'heure de vérité pour la fusion entre Suez et Gaz de France (GDF). C'est en effet vendredi ou au plus tard lundi que la Commission européenne devait communiquer aux deux groupes énergétiques ses griefs à propos de leur projet. Elle devrait essentiellement s'inquiéter de la situation en Belgique et en France.

AvC (avec AFP, Reuters)
Suez-GDF: c'est l'heure des griefs
©AP

On est à l'heure de vérité pour la fusion entre Suez et Gaz de France (GDF). C'est en effet vendredi ou au plus tard lundi que la Commission européenne devait communiquer aux deux groupes énergétiques ses griefs à propos de leur projet. Elle devrait essentiellement s'inquiéter de la situation en Belgique et en France.

Selon le «Financial Times» de vendredi, la Commission s'inquiéterait notamment de la fusion, en France, des activités gazières de GDF avec Distrigaz, filiale de Suez. L'autre atteinte potentielle à la concurrence concernerait la Belgique où GDF co-contrôle (avec une participation de 25pc tout comme Centrica) le producteur d'électricité SPE alors que Suez (via ses filiales Electrabel et Distrigaz) a déjà une position dominante. Electrabel assure près de 90pcde la production d'électricité en Belgique. La SPE a une part de marché de près de près de 9pc.

Après réception de la «lettre de griefs» de Bruxelles, les deux firmes doivent proposer des remèdes qui seront ensuite analysés par la Commission. Cette dernière a jusqu'au 25 octobre pour donner ou non son aval à cette union.

Dans un entretien paru jeudi dans le «Figaro», le ministre de l'Economie, Thierry Breton, a déclaré «ne pas être inquiet» et avoir «toute confiance dans le travail de la Commission» européenne, qui pourrait voir d'un bon oeil la naissance d'un autre géant de l'énergie face à EDF.

Examen au Parlement

Une autre étape à franchir sera l'examen par le Parlement français du projet de loi permettant la fusion en autorisant l'Etat français à descendre à 34pc du capital de GDF, une privatisation à laquelle la gauche et les syndicats sont très hostiles.

Cet examen est prévu en septembre et risque d'être difficile même si le président de l'UMP et ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a apporté pour la première fois publiquement son soutien au projet. Ils étaient nombreux à s'interroger sur sa position étant donné qu'il avait promis au moment de l'entrée en Bourse de Gaz de France de fixer à 70pc le seuil de participation de l'Etat français. Des proches de Nicolas Sarkozy ont même avancé des solutions alternatives permettant à l'Etat de rester majoritaire au capital de GDF, qui ont été catégoriquement rejetées par le groupe.

Par ailleurs, selon le «Parisien», qui ne cite pas ses sources, le gouvernement français tenterait par tous les moyens de dissuader le groupe italien Enel de lancer une contre-offre sur Suez. C'est cette menace qui avait, rappelons-le, précipité l'annonce de la fusion.

© La Libre Belgique 2006


Un site vendu En octobre dernier, dans la foulée de la prise de contrôle totale d'Electrabel par Suez, le groupe franco-belge s'était engagé à céder certains sites en Belgique. La procédure avait été lancée avec la mise en vente de trois sites. On vient de franchir une première étape avec l'accord signé entre l'Allemand E.ON et Electrabel pour la vente d'un site de 20,5 hectares situé à Beringen (Limbourg). Le montant de la transaction n'est pas communiqué, mais devrait être négligeable. La procédure pour les sites de Sint-Pieters-Leeuw et Marchienne-au-Pont est toujours en cours. Les trois sites doivent permettre la construction d'au moins 1500MW de capacités nouvelles, soit près de 10pc du parc de production belge actuel. (AvC)