Travail au noir sur 40 % des chantiers

"La volonté du gouvernement bruxellois est de combattre sans merci le travail au noir, un fléau qui gangrène certains secteurs économiques», soutient Benoît Cerexhe (CDH), ministre de l'Economie et de l'Emploi. Déterminé, le ministre a mené une première action concrète au printemps 2005 en doublant l'effectif du service régional d'inspection sociale.

Stéphanie Bocart
Travail au noir sur 40 % des chantiers
©Johanna de Tessières

L a volonté du gouvernement bruxellois est de combattre sans merci le travail au noir, un fléau qui gangrène certains secteurs économiques», soutient Benoît Cerexhe (CDH), ministre de l'Economie et de l'Emploi.

Déterminé, le ministre a mené une première action concrète au printemps 2005 en doublant l'effectif du service régional d'inspection sociale. «Quatorze nouveaux agents statutaires ont été recrutés. Ce qui permet notamment d'intensifier les contrôles dans les secteurs touchés par le travail au noir tels la construction, l'Horeca, la confection, les taxis...», précise M. Cerexhe.

C'est ainsi qu'une opération «coups de poing» a été menée en juillet, traditionnel mois de congé dans le secteur du bâtiment, sur 110 chantiers de construction/rénovation de la région bruxelloise. Sur les 110 chantiers, 61 étaient en activité. Parmi ceux-ci, 11 occupaient des travailleurs indépendants sans personnel. Et sur les 50 autres étaient présents 102 travailleurs salariés ou présumés tels, de 16 nationalités différentes. Enfin, pour 20 chantiers, le contrôle a donné lieu à l'ouverture d'un dossier. Des procès-verbaux seront dressés ultérieurement pour occupation de travailleurs clandestins.

Plus globalement, si l'on reprend les chiffres depuis le début de l'année 2006, 305 chantiers en activité ont été contrôlés par l'inspection régionale de l'emploi ainsi que 580 travailleurs. Ces contrôles ont conduit à l'ouverture de 159 dossiers. Au total, 137 PV ont été dressés (dont 124 pour l'occupation de 204 travailleurs clandestins et de 11 sans permis de travail), ce qui signifie qu'il y a fraude sociale en matière de main-d'oeuvre étrangère sur 4 chantiers sur 10.

Par ailleurs, on relèvera l'importante présence de travailleurs clandestins originaires des dix nouveaux pays européens, puisqu'ils représentent 55 pc de l'effectif (NdlR: sur les 580 travailleurs contrôlés, on dénombre, entre autres, 188 Polonais, 67 Roumains, 42 Brésiliens et 30 Slovaques).

«Le faible coût de cette main-d'oeuvre étrangère attire les employeurs. Ces derniers recourent dès lors à deux modes d'embauche: ils engagent des travailleurs salariés clandestins, ou ils en font des indépendants fictifs», ajoute M. Cerexhe.

Le ministre a d'ores et déjà annoncé de nouveaux contrôles, notamment dans le secteur de l'Horeca. En outre, tous ces contrôles seront doublés de campagnes d'information auprès des employeurs car «il existe des possibilités d'engager légalement des étrangers et des travailleurs à moindre coût dans le cadre des mesures d'emploi», conclut M. Cerexhe.

© La Libre Belgique 2006