Italie: deux banques se marient et se hissent au 6 éme rang européen

Un projet de fusion entre la banque milanaise Intesa et la turinoise San Paolo Imi a été approuvé samedi par les conseils d'administration des deux entités, ouvrant la voie à la constitution d'un géant financier ancré dans le nord de l'Italie, le poumon économique de la Péninsule.

(AFP)

Un projet de fusion entre la banque milanaise Intesa et la turinoise San Paolo Imi a été approuvé samedi par les conseils d'administration des deux entités, ouvrant la voie à la constitution d'un géant financier ancré dans le nord de l'Italie, le poumon économique de la Péninsule.

Avec une capitalisation de plus de 65 milliards d'euros, la future «superbanque» se placera d'emblée au sixième rang européen juste devant une autre italienne, Unicredit, et au premier en Italie. Le siège du groupe qui rassemblera 13 millions de clients et plus de 6 000 guichets sera situé à Turin.

Le mariage entre Banca Intesa et San Paolo Imi, respectivement les 2 éme et 3e banques d'Italie, a été bien accueilli par les acteurs politiques et économiques de la Péninsule. Il doit encore être approuvé en décembre par une assemblée générale des actionnaires, après avoir été soumis à l'Antitrust et à la Banque centrale. Les deux autorités réunies devront alors se prononcer dans les 60 jours.

La banque française Crédit Agricole, principal actionnaire de Banca Intesa (17,8 pc), a «approuvé les grandes lignes du projet de fusion» lors de la réunion du pacte d'actionnaires d'Intesa qui a précédé le CA, a-t-elle annoncé samedi dans un communiqué. «L'approbation par le Crédit Agricole du projet définitif sera subordonnée à la conclusion d'un accord qui sauvegarde et valorise les intérêts stratégiques du Crédit Agricole en Italie, dans le cadre de la création de la nouvelle entité», poursuit la banque.

Marché encore morcelé

En revanche, la banque espagnole Santander, actionnaire à 7,7 pc de San Paolo Imi, serait opposée à l'opération qui la marginalise.

Le mariage des deux banques a été interprété dans la Péninsule comme le coup d'envoi d'une vaste recomposition du secteur financier italien, encore très morcelé par rapport à celui d'autres pays européens.

La presse italienne a souligné que cette opération a été facilitée par la décision du directeur de la Banque centrale, Mario Draghi, de cantonner la Banque d'Italie à un rôle d'arbitre, et non plus de «metteur en scène» des rapprochements comme son prédécesseur Antonio Fazio.

Le chef du gouvernement de gauche, Romano Prodi, s'était réjoui dès jeudi du projet de fusion en soulignant que l'Italie avait «besoin de quelques banques fortes» pouvant aussi aider au développement de la présence italienne sur les marchés étrangers.

Au début de cette année, plusieurs tentatives d'OPA par des géants européens sur des banques italiennes avaient fait prendre conscience à ces dernières qu'elles n'étaient plus des forteresses imprenables, et qu'il leur fallait sortir de l'immobilisme de l'ère d'Antonio Fazio.

Le marché italien connaît l'un des taux d'épargne les plus élevés d'Europe et une concurrence encore relativement faible sur les produits financiers.

© La Libre Belgique 2006