Belgacom songe à nouveau à KPN

Belgacom-KPN, le retour. Cinq ans après avoir été à deux doigts de fusionner leurs activités, les opérateurs historiques belge et néerlandais envisagent à nouveau un rapprochement, d'après «De Tijd». Pour l'instant, l'information est loin d'être confirmée. «Nous ne menons pas de discussions avec Belgacom», dit-on chez KPN, alors que du côté de l'opérateur belge, on se contente d'un «no comment».

Belgacom songe à nouveau à KPN
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M.V.O.

Belgacom-KPN, le retour. Cinq ans après avoir été à deux doigts de fusionner leurs activités, les opérateurs historiques belge et néerlandais envisagent à nouveau un rapprochement, d'après «De Tijd». Selon le quotidien flamand, c'est le Premier ministre Guy Verhofstadt en personne qui aurait chargé la direction de Belgacom d'utiliser sa bonne position de trésorerie pour acquérir «des participations structurelles», et se renforcer ainsi dans le cadre de la consolidation attendue du marché des télécoms européens.

Pour l'instant, l'information est loin d'être confirmée. «Nous ne menons pas de discussions avec Belgacom», dit-on chez KPN, alors que du côté de l'opérateur belge, on se contente d'un «no comment» qui ne constitue pas un véritable démenti. Mais il y a quelques jours encore, le patron de Belgacom Didier Bellens affirmait qu'il n'y avait «rien sur son écran radar» en matière d'acquisitions.

Ces nouvelles rumeurs ne seraient-elles donc qu'une tempête dans un verre d'eau? Oui et non. D'un côté, il se confirme en coulisses que le dossier KPN a bel et bien été étudié par le conseil d'administration et le management de Belgacom - au même titre que d'autres dossiers d'ailleurs -, mais de l'autre côté, ce n'est pas pour autant que de véritables négociations ont déjà été entamées avec KPN. Autrement dit, un rapprochement est un scénario possible à moyen terme, mais nous n'en sommes qu'au tout début du processus.

Tuybens pas d'accord

Par ailleurs, il semble y avoir un certain cafouillage politique dans ce dossier. Car si Guy Verhofstadt se montre favorable à ce rapprochement belgo-néerlandais, le secrétaire d'Etat en charge des Entreprises publiques Bruno Tuybens - qui est pourtant bien un membre de son gouvernement - affirme de son côté qu'«il ne peut être question d'une privatisation plus poussée de Belgacom» et que KPN n'est qu'une option «parmi beaucoup d'autres». Bref, libéraux et socialistes flamands ne semblent pas sur la même longueur d'ondes, ce qui risque de tuer le projet dans l'oeuf.

Les syndicats non plus ne veulent pas voir l'Etat descendre sous la barre des 50 pc. «Celui qui estime devoir toucher au statut du personnel, en abandonnant la participation majoritaire légale de l'Etat, doit savoir qu'il trouvera le personnel de Belgacom sur son chemin», avertit la CSC-Transcom.

Pour rappel, en 2001, la fusion entre Belgacom et KPN avait échoué pour deux raisons principales: la dégringolade boursière de KPN, et l'incapacité des deux groupes à se mettre d'accord sur l'emplacement du siège et la nationalité du patron du nouveau groupe.

© La Libre Belgique 2006