Les investisseurs chinois aiment la petite Belgique

La Belgique est appréciée par les entreprises chinoises qui désirent s'étendre à l'étranger. Avec l'Allemagne, la France, l'Italie et les Pays-Bas, elle figure dans le top5 des pays les plus prisés. Mais il y a un hic: les entreprises belges se focalisent encore trop sur leurs propres investissements en Chine et négligent le potentiel d'investissement de leurs homologues chinois dans notre pays.

P.Lo.

La Belgique est appréciée par les entreprises chinoises qui désirent s'étendre à l'étranger. Avec l'Allemagne, la France, l'Italie et les Pays-Bas, elle figure dans le top5 des pays les plus prisés. Mais il y a un hic: les entreprises belges se focalisent encore trop sur leurs propres investissements en Chine et négligent le potentiel d'investissement de leurs homologues chinois dans notre pays. C'est ce qui ressort des résultats de la deuxième édition de l'enquête «China Outbound», réalisée par le cabinet Loyens.

Quatre-vingt-un pour cent des hommes d'affaires chinois interrogés font part de leur intention d'investir à l'étranger. En 2005, ils n'étaient encore que 61 pc et la Chine a investi 6,92 milliards de dollars à l'étranger. Au premier trimestre 2006, le score atteignait déjà les 6,68 milliards dollars! La multiplication des investissements est à la fois «persistante et explosive», relève l'étude, qui rappelle qu'en 2005, le taux de croissance avoisinait les 52 pc...

Les entreprises sont plus enclines à envisager leur expansion en Europe (60 pc) qu'aux Etats-Unis (43 pc) et en Asie (29 pc). En Europe, leur préférence va aux Pays-Bas et à l'Allemagne (22 pc), talonnés par la France (18 pc), la Belgique et le Luxembourg (16 pc). «La croissance interne de la Chine est de plus en plus tributaire de ses capacités d'exportation. Les investisseurs recherchent des débouchés pour leurs produits finis, plus seulement des articles manufacturés en série et bon marché, mais aussi des produits électroniques, informatiques, automobiles, etc.», affirment Roel Nieuwdorp et Thierry Charon, avocats-associés chez Loyens.

Selon eux, la connaissance de notre système juridique et les informations disponibles jouent un rôle crucial. Pour la Chine, l'Europe s'apparente à «un imbroglio difficile à démêler, assorti de grandes disparités régionales», disent-ils. D'où l'importance de promouvoir davantage en Chine les principaux atouts de la Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg (installations de distribution et de logistique, régime des sociétés à portefeuille en vigueur en Belgique et au Luxembourg, possibilités de financement via le Luxembourg, déduction des intérêts notionnels en Belgique, etc.)

Selon les avocats, les entreprises belges sous-estiment le potentiel d'investissement chinois. A tort, disent-ils, car «la Chine n'est plus seulement un pays producteur bon marché. C'est une puissance économique, riche d'entreprises d'envergure internationale». Pourquoi ne pas nouer des partenariats avec celles qui font leurs premiers pas sur notre marché et qui investiront un jour dans des projets plus ambitieux, demandent-ils?

© La Libre Belgique 2006