Le champagne continue à pétiller

Le champagne est et reste un des fleurons du patrimoine français, et un enjeu économique majeur. Quelques chiffres suffisent à planter le décor. Le champagne ou la Champagne, c'est 307,5 millions de bouteilles vendues en 2005, un chiffre d'affaires de 3,8 milliards d'euros et plus de 15 000 vignerons et une centaine de maisons qui génèrent près de 30 000 emplois directs et indirects.

A.Ma.
Le champagne continue à pétiller
©BELGA

Le champagne est et reste un des fleurons du patrimoine français, et un enjeu économique majeur. Quelques chiffres suffisent à planter le décor. Le champagne ou la Champagne, c'est 307,5 millions de bouteilles vendues en 2005, un chiffre d'affaires de 3,8 milliards d'euros et plus de 15 000 vignerons et une centaine de maisons qui génèrent près de 30 000 emplois directs et indirects. "Les vignobles représentent 3 pc de la surface plantée en France et un tiers des expéditions totales de vins français en valeur", affirmait, jeudi, Daniel Lorson, directeur de la communication du Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC), à l'occasion de la Journée belge des vins de Champagne.

Au contraire des vins tranquilles (non effervescents) qui, de plus en plus, se débattent dans un contexte de concurrence mondiale, le champagne se porte bien, en hausse de 2 pc, lui qui ne peut se produire qu'en Champagne, ce à quoi veille jalousement le CIVC (170 dossiers sont en cours dans 46 pays et le comité a dépensé 4 millions en 2005 pour défendre l'appellation de diverses usurpations).

Si son premier marché, la France, est stable (- 0,14 pc à 178 107 395 bouteilles), l'export est en hausse de 5,15 pc (à 129 391 158 bouteilles). C'est surtout hors de l'Union européenne que la progression est la plus remarquable. Aux Etats-Unis, au Japon, en Australie, au Brésil, en Russie, par exemple. "Il y a des relais de croissance prometteurs", a précisé Daniel Lorson qui a jouté : "On vend de plus en plus au-delà d'un rayon de 1 500 km."

"Grande diversité de l'offre"

Cette année a bien démarré avec une augmentation de 7 pc à fin août, stimulée par l'exportation (+ 11,3 pc) plutôt que par le marché français (+ 3,8 pc). Sur l'ensemble de l'année, le CIVC, content des vendanges clôturées fin septembre, prévoit d'atteindre ou même de dépasser les 310 millions de bouteilles, ce qui permettra de "conforter la situation des stocks et d'envisager une croissance de nos ventes dans les années qui viennent".

A l'heure actuelle, le Royaume-Uni est le premier marché à l'export (plus de 35 millions de bouteilles en 2005), devant les Etats-Unis (plus de 20 millions), l'Allemagne et la Belgique. En 2005, ce sont 9 382 805 bouteilles qui ont été expédiées vers notre pays (+1 pc en volume et +5 pc en valeur). Sans compter les achats frontaliers et "in situ", nombre de Belges allant sur place quérir quelques caisses.

Le chiffre d'affaires (départ cave, c'est-à-dire hors taxes, droits, transport et marges) a atteint 117,97 millions. "Ce qui caractérise le marché belge, c'est la grande diversité de l'offre", a encore indiqué Daniel Lorson. "Les 15 premiers expéditeurs (sur 505) ne représentent que 58 pc du marché, il y a de la place pour beaucoup d'autres." Et ce, même si, en général, à l'export, les marques sont reines.

Enfin, le Belge, qui est le plus gros consommateur de champagne après le Français, semble s'orienter vers plus de diversité, optant plus volontiers, au-delà du brut sans année, pour le demi-sec, le rosé, le millésimé ou, carrément, la cuvée de prestige.

© La Libre Belgique 2006