Liège-Airport perd 1 000 euros par vol

Ph. Law.

Contrairement à ce qu'il avait annoncé jeudi, José Happart (photo vignette) n'a pas introduit vendredi après-midi un recours au Conseil d'Etat contre la décision du ministre wallon André Antoine. Il avait interdit le vol aérien entre Charleroi et Liège prévu par la compagnie low cost Jet4you. "Le conseil d'administration se réunira jeudi et décidera de la position à adopter. Mais pour moi, la décision du ministre André Antoine est anti-économique. Si l'escale technique se faisait dans le sens Charleroi-Lille ou Charleroi-Maestricht, il n'aurait rien dit", fustige le président de la SAB, gestionnaire du site liégeois. Mais le verbe est moins agressif. Il faut dire que l'attaque frontale avec l'exécutif wallon n'est pas la meilleure solution, car il est le principal actionnaire de la SAB et le financier (in)direct des travaux d'investissements sur le site à Liège. Le préjudice immédiat subi par l'aéroport dans l'affaire ne semble pas être aussi important. "Le manque à gagner s'élève à environ 1 000 € par vol (trois vols étaient prévus) en terme de taxes passagers et de redevances carburant. Mais le vol Jet4you aurait été la première ligne régulière au départ de Liège", précise José Happart. Selon nos informations, la compagnie aérienne qui entend lancer les actions nécessaires pour "être rétablie dans ses droits" ne devrait pas bouger d'ici mercredi. "Elle ne perd pas grand-chose dans l'affaire, puisqu'il n'y a apparemment pas de plaintes de la part de passagers liégeois et elle ne débourse rien pour l'instant pour l'acheminement en bus des passagers de Liège vers Charleroi", dit un proche du dossier. La démarche du ministre Antoine au niveau européen et la position du fédéral ne plaident pas en faveur des Liégeois. La saga Jet4you a sonné le chant de cygne de ce genre de "saut de puce" opéré jusqu'à présent par d'autres opérateurs (Jetair, etc.) notamment vers Ostende ou d'Ostende vers Zaventem. "Ce genre de vol n'est pas souhaitable et il faut trouver une nouvelle réglementation pour les empêcher", dit-on au cabinet Landuyt.

© La Libre Belgique 2006