Mais oui, les entreprises embauchent

Cela paraît a priori étrange : certaines entreprises ont autant de mal à trouver des employés que les chercheurs d'emploi à trouver un employeur. Le secteur de la construction recherche par exemple 5 000 personnes pour tous les métiers : ouvriers carreleurs, maçons, vitriers, mais aussi des ingénieurs. Véronique Vanderbruggen, de la fédération, explique : "

E.La

Cela paraît a priori étrange : certaines entreprises ont autant de mal à trouver des employés que les chercheurs d'emploi à trouver un employeur. Le secteur de la construction recherche par exemple 5 000 personnes pour tous les métiers : ouvriers carreleurs, maçons, vitriers, mais aussi des ingénieurs. Véronique Vanderbruggen, de la fédération, explique : " Le secteur connaît une activité accrue depuis deux ans, on n'a jamais autant bâti qu'en 2006 ". Il y a de la demande pour tous types de chantiers : construction de logements, entretien de routes, hôpitaux, etc.

C'est une autre raison qui pousse la SNCB à recruter : dans les dix prochaines années, la compagnie des chemins de fer belge devrait perdre 40 pc de son effectif, qui partira à la retraite. Elle a donc besoin de rajeunir ses employés et s'est mise en quête des 18-35 ans. L'an passé, la SNCB a déjà embauché 1 300 personnes et est encore à la recherche de plus de 2 000 cette année. Là aussi, tous les postes sont à pourvoir, mais le besoin est surtout fort pour les conducteurs de train : il en faudrait 400. L'entreprise n'a globalement pas de mal à intéresser les chercheurs d'emploi, sauf pour les profils les plus techniques. "Les conducteurs de manoeuvre ne sont pas faciles à trouver, surtout dans le port d'Anvers où l'on doit effectuer de gros efforts pour recruter", souligne Leen Uyterhoeven, porte-parole de la SNCB. Les banques aussi recherchent du personnel : 2 500 personnes chez Fortis, et 300 chez Dexia pour la Belgique.

Les salariés recrutent

Pour recruter, les entreprises empruntent les chemins traditionnels : elles lancent des campagnes de publicité, multiplient les contacts dans les écoles, les agences d'intérim, mais elles mettent avant tout l'accent sur le bouche à oreille. Leen Uyterhoeven appuie : "Pour notre campagne, nous avons fait appel à des salariés de l'entreprise, ce sont eux sur les affiches. On demande à notre personnel d'être ambassadeur de la société." Dexia a même demandé à ses collaborateurs "d'apposer un autocollant sur leurs voitures afin d'attirer l'attention de nouveaux collègues potentiels". Les initiatives personnelles sont plus naturellement la règle dans la construction : "Le personnel essaie de recruter dans son village, son cercle d'amis... L'esprit d'équipe est très important", note Véronique Vanderbruggen.

ISS, fournisseur de "service facilitaires", a choisi un autre moyen : le 27 janvier dernier, l'entreprise lançait à Namur son deuxième "jobbus". En automne dernier, Dexia organisait, elle, son Jobday. Le principe est le même : c'est la boîte qui vient chercher ses futurs employés.

Dans certains secteurs, comme la construction, la demande est pressante mais peu de Belges y répondent. Véronique Vanderbruggen pointe le manque de motivation des chômeurs belges : "C'est le problème du chômage éternel, il n'y a pas de sanctions, les gens ont plus intérêt à rester au chômage qu'à travailler, ils gagnent plus d'argent". Une autre explication est avancée : les métiers évoluent très vite, donc les chômeurs ne sont pas insérables immédiatement.

L'entreprise forme

Afin qu'ils retrouvent leur savoir-faire ou le développent, les entreprises mettent en place des formations. Pour les métiers techniques qui le nécessitent, la SNCB fait un investissement de près de 16 mois de formation. Quant au secteur de la construction, il consacre 3 pc à la formation, "sans en recueillir les bénéfices escomptés", souligne Véronique Vanderbruggen.

Alors les employés sont contraints de faire appel à la main-d'oeuvre étrangère, principalement de l'Est de l'Europe et des pays frontaliers (France, Allemagne). La directive européenne de libéralisation des services facilite l'emploi de cette main-d'oeuvre. En cinq jours, les étrangers peuvent obtenir un contrat de travail pour les secteurs en difficulté de recrutement.(st.)

© La Libre Belgique 2007