Le Keppra dope la croissance d'UCB

L'année 2006 avait été annoncée par UCB comme l'année des grands préparatifs au lancement aux Etats-Unis du Cimzia, son nouveau médicament contre la maladie de Crohn, attendu pour 2007.

Sandrine Vandendooren

L'année 2006 avait été annoncée par UCB comme l'année des grands préparatifs au lancement aux Etats-Unis du Cimzia, son nouveau médicament contre la maladie de Crohn, attendu pour 2007. Vu les compléments d'informations demandés par la très puissante FDA, le laboratoire belge ne sait pas encore s'il pourra lancer son nouveau "blockbuster" potentiel (un médicament dont les ventes annuelles atteignent le milliard de dollars) cette année. "Le marché du Cimzia est 2 fois plus gros que celui du Zyrtec (NdlR : l'antiallergique qui a été la vache à lait du groupe pendant ces 10 dernières années). Il pèse 9 milliards en Europe et aux Etats-Unis contre 4 milliards pour celui de l'allergie", a rappelé Roch Doliveux, le CEO d'UCB qui a présenté, mercredi, des résultats 2006 en croissance et supérieurs aux attentes des marchés. Mais ce contretemps n'entame pas le moral du patron français. "Le Zyrtec a été lancé avec un an de retard et cela n'a pas l'heureux destin d'UCB", nous a-t-il déclaré par téléphone. "La stratégie d'UCB est une stratégie à long terme qui se construit pierre par pierre, l'objectif étant de devenir un leader de nouvelle génération du secteur biopharmaceutique axé sur certaines maladies graves", a-t-il ajouté.

"Un pipeline très riche"

A côté du Cimzia, le groupe belge a, grâce au rachat du laboratoire Schwartz d'autres médicaments porteurs dans sa trousse, en particulier le Neupro (patch contre la maladie de Parkinson) qui sera lancé cette année. "Nous avons le deuxième pipeline (molécules en développement) le plus riche parmi les firmes de biotechnologies et pharmaceutiques de taille moyenne. Nous avons planté le verger. Il faut à présent en arroser les graines pour en cueillir les fruits".

Pour l'heure, c'est le Keppra, qui soutient la croissance du groupe. Les ventes de l'antiépileptique, leader du marché aux Etats-Unis et en Europe, ont progressé de 36 pc à 761 millions d'euros, ce qui en fait déjà un "blockbuster". "A ce jour, 10 pc seulement des patients souffrant d'épilepsie aux Etats-Unis et en Europe sont soignés au Keppra. Il y a donc encore du potentiel sur ces deux marchés où sa part est de 25 pc. Et c'est sans compter sur le Japon, la Chine et l'Inde où la molécule n'est pas encore commercialisée", souligne M. Doliveux.

Sur le plan des résultats, le bénéfice net a crû de 36 pc par rapport à 2005 à 367 millions si l'on ne tient pas compte de la plus-value (485 millions) réalisée cette année-là avec la cession de sa division "Surface Specialties". Le chiffre d'affaires a crû, à périmètre égal de 11 pc, à 2,523 milliards.

Pour 2007, Roch Doliveux prévoit une hausse de ses résultats opérationnels grâce à la consolidation de Schwartz, mais des charges exceptionnelles liées à cette intégration influenceront les résultats, a-t-il prévenu.

Convoité régulièrement, UCB semble décider à poursuivre sa route seul. "On est ravi que l'actionnaire de référence la Financière Tubize ait renforcé sa participation, confortant l'ancrage belge", conclut M. Doliveux.

© La Libre Belgique 2007