Lundi gris pour les Bourses mondiales

La journée de lundi avait mal commencé sur les marchés. Hong Kong a perdu environ 4 pc, Tokyo 3,3 pc, Shanghai 1,6 pc. La nouvelle dégringolade des marchés asiatiques avait fait craindre le pire pour les places européennes après la dégelée de la semaine dernière. Finalement, la casse a pu être limitée. Edito: Pas de raison de paniquer

AvC (avec AFP)
Lundi gris pour les Bourses mondiales
©EPA

La journée de lundi avait mal commencé sur les marchés. Hong Kong a perdu environ 4 pc, Tokyo 3,3 pc, Shanghai 1,6 pc. La nouvelle dégringolade des marchés asiatiques avait fait craindre le pire pour les places européennes après la dégelée de la semaine dernière. Finalement, la casse a pu être limitée. A Francfort, le Dax a cédé un bon pour cent. A Paris l'indice CAC a cédé 0,73 pc. Le Bel 20 à Bruxelles a, lui, affiché un recul de 1,26 pc.

Il semble que l'ouverture sur une note indécise à Wall Street a permis de ralentir le mouvement de baisse en Europe. La déception est finalement restée assez mesurée après l'annonce d'un recul de l'activité dans les services aux Etats-Unis inférieur aux attentes.

Tendance dominante

Les nouvelles pertes importantes sur le marché tokyoïte s'expliquent, selon les courtiers, principalement par la forte remontée depuis quelques jours du yen face au dollar, qui pénalise les entreprises japonaises tournées vers l'exportation. Le dollar cotait lundi matin à Tokyo 115,52 yens, son plus bas niveau depuis le 8 décembre. Il y a quelques semaines encore, il valait plus de 120 yens.

La tendance dominante sur le marché des changes reste à la liquidation des positions de "carry trade" (lire ci-dessous), au profit du yen et du franc suisse, et au détriment du dollar néo-zélandais, de la lire turque, de la couronne islandaise et de la livre sterling, tombée au plus bas depuis fin novembre face au dollar.

Plusieurs responsables monétaires, dont Ben Bernanke, William Poole et Hiroshi Watanabe (respectivement président de la Réserve fédérale américaine, président de la Réserve fédérale de Saint-Louis et vice-ministre japonais des Finances, NdlR) ont tenu, à nuancer les mouvements boursiers.

Le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson a lui aussi profité lundi d'une visite au Japon pour lancer un appel au calme, aux côtés du ministre japonais des Finances Koji Omi. "Nous sommes tombés d'accord pour dire que les fondamentaux de l'économie sont forts au Japon et aux Etats-Unis" , a déclaré M. Omi aux journalistes, "et nous partageons l'opinion selon laquelle les marchés devraient refléter cet état de fait."

Craintes de récession

Toutefois, certains analystes restent inquiets. Ils n'excluent pas que cette bourrasque boursière provoquée par les craintes de récession (évoquée la semaine dernière par l'ex-président de la Réserve fédérale Alan Greenspan) et de bulle immobilière aux Etats-Unis déstabilise certains organismes financiers. Signe de mauvais augure : la compagnie de crédits immobiliers à risques New Century Financial, s'effondrait de 58 pc à 6,07 dollars, après avoir indiqué qu'elle faisait l'objet d'une enquête pénale et qu'elle ne répondait pas aux exigences de ses principaux créanciers, ce qui pouvait menacer sa survie.

De nombreux analystes s'attendent à une poursuite de la correction à Tokyo, et avertissent que le niveau des 16 000 points pourrait être atteint. D'autres font valoir que la valorisation des sociétés avait été artificiellement dopée début 2007 par la nouvelle vague de fusions et acquisitions dans de multiples secteurs. Ils se demandent si les prochains résultats de sociétés ne seront pas en deçà des attentes.

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