Huit milliards d'euros "manquants"

Le crédit est utile et n'est pas une source de surendettement. Tel est le message que l'Union professionnelle du crédit (UPC) entend faire passer à l'aube des prochaines élections fédérales. L'UPC attend que le prochain gouvernement prenne des mesures visant à encourager le crédit à la consommation.

Le crédit est utile et n'est pas une source de surendettement. Tel est le message que l'Union professionnelle du crédit (UPC) entend faire passer à l'aube des prochaines élections fédérales. L'UPC attend que le prochain gouvernement prenne des mesures visant à encourager le crédit à la consommation.

Selon elle, la Belgique a encore une énorme marge dans ce domaine. "Chez nous, l'encours du crédit à la consommation atteint à peine 5 pc du PIB (produit intérieur brut, NdlR) alors que la moyenne européenne se situe entre 8 et 9 pc", a expliqué Piet Van Baeveghem, secrétaire général de l'UPC, lors d'une conférence de presse organisée hier à Bruxelles. "En raison de réglementations trop contraignantes, le crédit à la consommation ne décolle pas en Belgique, renchérit Bernard Beyens, président de l'UPC. Par rapport à la moyenne européenne, 8 milliards d'euros sont manquants. Si le crédit à la consommation était stimulé de manière à combler ce trou, cet argent serait réinvesti dans notre économie. Bref, la situation actuelle a un coût en emploi, en croissance économique, en fiscalité, etc."

Parmi les mesures que préconise l'UPC, un incitant fiscal est tiré de l'exemple français. "Chez nos voisins, les intérêts payés dans le cadre du crédit à la consommation sont déductibles lorsque l'emprunt est affecté à certaines dépenses, explique Bernard Beyens. L'avantage est que l'on peut ainsi encourager le crédit à la consommation en ciblant certains domaines, comme les économies d'énergie." Par exemple, l'achat de panneaux solaires acquis par le biais d'un crédit donnerait droit à une déductibilité des intérêts de cet emprunt.

L'UPC estime aussi qu'il est temps de remanier la loi sur le crédit hypothécaire. Selon elle, l'indemnité en cas de rachat de l'emprunt, qui doit, selon la loi, s'élever à trois mensualités, n'est plus tenable. "Les taux d'intérêt sont bas, ce qui implique que les indemnités sont faibles, souligne Bernard Beyens. Certains en profitent pour résilier abusivement leurs contrats, ce qui engendre des coûts considérables pour les prêteurs." L'UPC est partisane d'un système prévoyant une indemnité plus importante en cas de résiliation "trop rapide" après la conclusion du prêt. Un délai de six mois est évoqué.

Philippe Galloy