Suez-GDF : François Fillon ne se montre pas pressé

Le nouveau gouvernement français s'est donné un peu plus d'un mois pour régler le sort de Gaz de France, laissant toutes les options ouvertes, de la fusion avec Suez lancée début 2006 à une alliance avec l'autre opérateur historique EDF, " sans écarter un rapprochement avec le producteur algérien Sonatrach", a déclaré mercredi le Premier ministre François Fillon, repoussant l'échéance et jugeant qu'il n'y a "pas urgence à décider".

Suez-GDF : François Fillon ne se montre pas pressé
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Le nouveau gouvernement français s'est donné un peu plus d'un mois pour régler le sort de Gaz de France, laissant toutes les options ouvertes, de la fusion avec Suez lancée début 2006 à une alliance avec l'autre opérateur historique EDF, "sans écarter un rapprochement avec le producteur algérien Sonatrach", a déclaré mercredi le Premier ministre François Fillon, repoussant l'échéance et jugeant qu'il n'y a "pas urgence à décider". "On peut encore se donner quel ques semaines fin juin, début juillet. L'idée de la fusion GDF-Suez est une idée valable que je ne rejette pas mais il y a d'autres options", a-t-il déclaré sur Europe 1.

Synergies

Préalable à cette fusion, la privatisation de GDF a été repoussée au deuxième semestre 2007, date de l'ouverture totale du marché français de l'énergie à la concurrence.

Dans un contexte de consolidation des marchés de l'énergie en Europe, M. Fillon a répété mercredi qu'il ne laisserait pas" GDF dans la situation d'aujourd'hui" car ce serait" fragiliser" le groupe et le laisser à la merci d'une éventuelle OPA. Il a évoqué d'autres options, notamment un rapprochement avec la compagnie algérienne d'hydrocarbures Sonatrach et de façon plus allusive avec EDF, parlant de "synergies". Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait évoqué un partenariat entre GDF et Sonatrach, son entourage parlant de la création d'un "grand groupe gazier euro-africain". Sonatrach avait coupé court en jugeant un tel projet "économiquement irréalisable et politiquement incorrect". Quant à une alliance avec EDF, prônée pendant la campagne par la candidate socialiste Ségolène Royal, elle serait "tout simplement impossible" pour des raisons de concurrence, avait prévenu l'ancien ministre de l'Economie Thierry Breton.

Malgré des tensions récurrentes avec GDF, Suez ne cesse de réitérer sa volonté de fusionner avec GDF. Son PDG Gérard Mestrallet a souligné mardi que le mariage GDF-Suez serait un "instrument de renforcement de la sécurité" d'approvisionnement en gaz de la France. Le PDG de GDF, Jean-François Cirelli, a réaffirmé mercredi lors de l'assemblée générale des actionnaires du groupe que cette fusion restait "le projet le plus adapté pour Gaz de France" et permettrait la création d'un "grand énergéticien mondial". Dans le nouveau gouvernement, ce dossier sensible reste confié au ministre de l'Economie Jean-Louis Borloo, mais le ministre de l'Ecologie Alain Juppé "aura son mot à dire", a dit M. Fillon. (AFP)