RBS propose 71,1 milliards d'euros pour le rachat d'ABN Amro

Le consortium de banques emmené par la britannique Royal Bank of Scotland a annoncé mardi qu'il propose 71,1 milliards d'euros, dont 79% en cash, pour le rachat de la banque néerlandaise ABN Amro, dont la direction a déjà approuvé une offre concurrente par la britannique Barclays.

FAP

Le consortium de banques emmené par la britannique Royal Bank of Scotland a annoncé mardi qu'il propose 71,1 milliards d'euros, dont 79% en cash, pour le rachat de la banque néerlandaise ABN Amro, dont la direction a déjà approuvé une offre concurrente par la britannique Barclays.

RBS, le belgo-néerlandais Fortis et l'espagnol Santander (SCH) proposent 38,40 euros par action ABN Amro, mais leur offre est conditionnée à un vote de l'assemblée générale concernant la vente de la filiale américaine d'ABN, LaSalle, selon un communiqué de Fortis au nom des trois banques. L'offre, qui selon le trio est supérieure de 13,7% à l'offre de Barclays, est financée en numéraire à 79% et le solde par un échange de 0,884 action RBS par action ABN.

Quel que soit le vainqueur de la bataille autour d'ABN Amro, la fusion serait la plus importante jamais réalisée dans le monde bancaire, en termes financiers, dépassant la reprise de Citigroup par Travelers en 1998 pour 72,56 milliards (BIEN milliards) de dollars. A 10H40, le cours de l'action ABN Amro perdait 0,39% à 35,96 euros à la Bourse d'Amsterdam tandis que Fortis laissait 0,80% à 31,05 euros.

Si l'offre aboutissait, RBS paierait 27,2 milliards d'euros, Fortis 24 milliards d'euros, et Santander 19,9 milliards. Leur projet est de se répartir les activités du groupe en fonction de leurs orientations stratégiques et géographiques.

Le belgo-néerlandais Fortis mise ainsi sur une extension au Benelux "tout en capitalisant sur la marque ABN Amro". RBS entend se renforcer dans la banque d'affaires, s'implanter aux Etats-Unis via LaSalle et accélérer son extension en Asie. L'espagnol Banco Santander deviendrait le numéro trois au Brésil et reprendrait les activités italiennes d'ABN Amro.

Santander a déjà annoncé qu'il entendait dégager 1,03 milliard d'euros de synergies. Mais selon le communiqué commun, l'offre du consortium provoquera "moins de pertes d'emplois que dans le cas de la proposition de Barclays".

ABN et Barclays avaient annoncé fin avril que le projet de rachat, valorisant le néerlandais à 67 milliards d'euros, provoquerait 12.800 pertes d'emploi et l'externalisation de 10.800 autres. Selon le trio de banques, leur rachat aura un impact positif sur leur bénéfice par action de 4,3% pour Fortis, 7,3% pour RBS et 5,3% pour Santander d'ici fin 2010.

Elles ont précisé que "sur le montant proposé (par action, ndlr), 1,00 euro sera retenu en numéraire (...) en attendant la décision relative au dossier LaSalle".

Dans le cadre de son accord avec Barclays, ABN Amro a prévu de vendre pour 21 milliards de dollars à Bank of America cette filiale américaine qui passe pour le joyau du groupe, et que RBS convoite particulièrement.

La justice néerlandaise, saisie par des petits actionnaires, a bloqué la vente de LaSalle, mais ABN Amro a fait appel. Parallèlement, Bank of America a introduit une action contre ABN Amro pour rupture de contrat, réclamant des milliards de dollars de dédommagement.