Une aura très "nationale"

Dans le haut du panier, quatre banques se partagent le marché néerlandais : ING, ABN Amro, Rabobank et Fortis. ING, Internationale Nederlanden Groep, est la plus grande avec 115 000 membres du personnel répartis sur quelque 50 pays, servant 60 millions de clients, avec un bénéfice net 2006 de 7,7 milliards d'euros. Le groupe a grandi par des acquisitions à l'étranger, dont Barings et la BBL (Banque Bruxelles Lambert) en 1995 et 1996. Un de ses principaux atouts d'ING aux Pays-Bas est le rachat de la banque de la poste, Postbank, en 1991, qui lui vaut un fond de clientèle de 7,5 millions personnes et 50 pc des transactions bancaires quotidiennes aux Pays-Bas. ING a cependant décidé récemment de supprimer le logo Postbank et de regrouper l'ensemble de ses activités bancaires sous le seul nom ING.

gérald de hemptinne

Correspondant aux Pays-Bas

Dans le haut du panier, quatre banques se partagent le marché néerlandais : ING, ABN Amro, Rabobank et Fortis. ING, Internationale Nederlanden Groep, est la plus grande avec 115 000 membres du personnel répartis sur quelque 50 pays, servant 60 millions de clients, avec un bénéfice net 2006 de 7,7 milliards d'euros. Le groupe a grandi par des acquisitions à l'étranger, dont Barings et la BBL (Banque Bruxelles Lambert) en 1995 et 1996. Un de ses principaux atouts d'ING aux Pays-Bas est le rachat de la banque de la poste, Postbank, en 1991, qui lui vaut un fond de clientèle de 7,5 millions personnes et 50 pc des transactions bancaires quotidiennes aux Pays-Bas. ING a cependant décidé récemment de supprimer le logo Postbank et de regrouper l'ensemble de ses activités bancaires sous le seul nom ING.

La banque par excellence

Détrônée par ING en termes de bénéfices annuels, ABN Amro reste la banque néerlandaise par excellence. Fondée en 1824 par Guillaume Ier, elle est devenue ABN Amro en 1991, après une longue succession de fusions et d'acquisitions. Elle emploie 110 000 personnes dans une cinquantaine de pays, compte 4,5 millions de clients aux Pays-Bas et a dégagé un bénéfice net en 2006 de 4,7 milliards d'euros. Aux Pays-Bas, elle a une aura de facteur clé de l'économie néerlandaise, à l'instar de celle qu'avait la Générale en Belgique, mais il semble que les Néerlandais y soient malgré tout moins attachés car son avenir n'a pas provoqué de profonds remous au sein de la société néerlandaise, même si, interrogés par la presse, de nombreux habitants du pays "regrettent" la disparition prochaine de la banque (absorbée par la britannique Barclays ou démantelée par le consortium Royal Bank of Scotland-Fortis-Santander), qu'ils considèrent déjà comme un fait accompli.

Les actionnaires sont pour leur part restés insensibles au discours du PDG Rijkman Groenink, qui leur avait demandé lors d'un discours vibrant, de remplir leur "devoir de Néerlandais" en protégeant la banque contre le consortium. Le directeur de la Banque Nationale des Pays-Bas, Nout Wellink, a tenté lui aussi une sortie en s'inquiétant du "risque accru" que provoquerait le démantèlement d'ABN Amro, mais a rapidement été réduit au silence par la Commission européenne. Le ministre des Finances Wouter Bos s'est, pour sa part, bien gardé de commettre la même erreur que M. Wellink, et à ses détracteurs qui lui reprochent de ne pas en faire assez pour défendre ABN Amro de l'étranger, il a objecté que selon la loi il n'en a le pouvoir que si l'économie du pays est menacée. Avec 2,3 milliards d'euros de bénéfice net en 2006, 56 000 employés, surtout aux Pays-Bas, la Rabobank se présente comme une coopérative aux origines agricoles, très fière de son équipe cycliste. Cette banque se veut le "premier fournisseur de services financiers aux Pays-Bas", et souligne les succès de sa politique d'extension à l'étranger. Elle compte 1,6 million de clients.