900 emplois à la trappe chez Carrefour

C'est à quelques jours seulement des vacances d'été que le groupe français Carrefour a annoncé aux représentants du personnel réunis en conseil d'entreprise extraordinaire la fermeture de 16 supermarchés GB en Belgique. Et par conséquent, la suppression de quelque 900 postes sur un effectif de 5 500 personnes pour cette enseigne. Compte tenu des autres enseignes, Carrefour Belgique occupe 18 000 personnes. Lisez l'édito de Mathieu Van Overstraeten

900 emplois à la trappe chez Carrefour
©BELGA

C'est à quelques jours seulement des vacances d'été que le groupe français Carrefour a annoncé aux représentants du personnel réunis en conseil d'entreprise extraordinaire la fermeture de 16 supermarchés GB en Belgique. Et par conséquent, la suppression de quelque 900 postes sur un effectif de 5 500 personnes pour cette enseigne. Compte tenu des autres enseignes, Carrefour Belgique occupe 18 000 personnes.

Une douche froide alors qu'en 1999, cette enseigne avait déjà subi une douloureuse restructuration liée précisément à la mauvaise santé financière de ces 16 magasins. Irène Petre, secrétaire nationale CSC pour la distribution, nous a confirmé en cours d'après-midi la très mauvaise nouvelle. "Le groupe veut éviter les licenciements collectifs, notamment par le principe de prépensions, mais il faudrait pour cela qu'il ait l'accord du ministère de l'Emploi." Les représentants des travailleurs du groupe ont acté les décisions du groupe et défini un calendrier de rencontres avec la direction du groupe. "Nous nous rencontrerons le 2 juillet, après le conseil d'entreprise, puis le 9 juillet et le 27 août." Doit-on s'attendre à des actions dans les enseignes du groupe français en Belgique ? "Il est trop tôt pour les envisager" , assure Irène Petre. Il est vrai pourtant que l'annonce des licenciements et des fermetures a été accompagnée de la mention de réouvertures possibles, par exemple, sous la forme de franchises... Comprenez : certains de ces magasins pourraient être rentables avec des employés moins bien payés. Le groupe Carrefour Belgique n'a jamais fait mystère de sa volonté de poursuivre sa croissance par le biais de franchises.

Eviter les licenciements secs

Pour sa part, Carrefour Belgique a confirmé ses intentions dans un communiqué en cours d'après-midi, assurant sa volonté de tout mettre en oeuvre avec les représentants du personnel pour entamer le dialogue social dans la sérénité. "La direction discutera avec les représentants du personnel sur les différentes mesures pouvant éviter autant que possible les licenciements secs comme le plan de prépension à 58 ans actuellement en vigueur, le non-renouvellement de certains contrats à durée déterminée, la stimulation du temps partiel et du crédit temps..."

Premières réactions

Ce nouveau coup dur pour l'emploi dans notre pays commence à susciter des réactions. A ce propos, le ministre bruxellois de l'Economie et de l'Emploi Benoît Cerexhe a réagi très rapidement hier, et "déploré cette décision" du groupe français. Le ministre a invité les représentants du groupe Carrefour à " faire tout ce qui est en leur pouvoir pour alléger ce plan de restructuration et en limiter au maximum les conséquences sur le devenir des travailleurs concernés". Le ministre Cerexhe a encore assuré prendre contact immédiatement avec ses homologues des deux autres Régions afin de mettre en oeuvre une cellule de crise destinée à assister les travailleurs concernés par les suppressions d'emplois.

Carrefour a justifié sa décision par la non-rentabilité de ces 16 magasins, liée aux coûts salariaux et à la concurrence.

Patrick Van Campenhout