Google fait les frais d'une politique d'embauche tous azimuts

L'action du géant de l'internet Google était sérieusement chahutée vendredi car les analystes s'inquiètent de la hausse des dépenses d'embauche, même si les résultats financiers du groupe sont en hausse.

Google fait les frais d'une politique d'embauche tous azimuts
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AFP

L'action du géant de l'internet Google était sérieusement chahutée vendredi car les analystes s'inquiètent de la hausse des dépenses d'embauche, même si les résultats financiers du groupe sont en hausse. Vers 16h00 GMT, Google perdait 5,90% soit 32,34 dollars, à 516,25 dollars, trébuchant dans la belle ascension qui a fait progresser le titre de plus de 33% depuis un an.

Pourtant, le bénéfice net de Google au deuxième trimestre, annoncé jeudi soir, a progressé de plus de 28% et le chiffre d'affaires de 58%. "La décision de la direction du groupe de surprendre les investisseurs avec un changement dans les méthodes comptables a provoqué la réaction négative du titre. Cela a rappelé aux gens que Google reste une entreprise non conventionnelle avec des problèmes chroniques de communication avec les investisseurs et des processus de décision peu orthodoxes", souligne Jordan Rohan de la banque RBC Capital Markets.

Le PDG de Google Eric Schmidt a reconnu que les dépenses d'embauche avaient été un peu élevées. "Nous nous retrouvons un peu au-dessus de ce que nous voulions pour nos dépenses de personnel et nous allons surveiller cela", a-t-il déclaré jeudi lors d'une conférence téléphonique avec les analystes financiers. "Nous avons embauché un peu plus vite que nous l'envisagions", a-t-il reconnu. Google employait au 30 juin 13.786 personnes à plein-temps contre 12.238 trois mois plus tôt.

Du coup, le bénéfice par action hors éléments exceptionnels, la mesure de la rentabilité de l'entreprise retenue par les analystes, s'est situé un peu en dessous des attentes à 3,56 dollars au lieu de 3,59 dollars. Ce sont ces petits trois cents qui provoquaient la forte chute de l'action en Bourse vendredi.

RBC Capital Markets a toutefois maintenu son objectif de 560 dollars pour l'action Google, alors que la maison de courtage Cowen estime que "le groupe devrait ralentir le rythme de ses embauches au 2e semestre" en maintenant sa recommandation de "surperformance" sur le titre.

La banque UBS se montrait toutefois un peu plus prudente. "Même si nous pensons qu'un ralentissement des embauches devrait contribuer à l'amélioration des marges au 2e semestre, les torts portés au sentiment et aux attentes des investisseurs sont désormais visibles et l'action devrait plafonner pendant un certain temps", a-t-elle estimé dans une note vendredi.

Selon UBS, les investisseurs qui suivent Google depuis longtemps vont considérer la baisse passagère du titre comme une opportunité d'achat mais les spéculateurs à court-terme devraient s'en détourner "au moins jusqu'à la fin de l'été".

Introduite en Bourse en août 2004 à 85 dollars, l'action Google s'est montrée depuis l'une des plus prisées des investisseurs. Les dirigeants du groupe ne semblaient toutefois pas se montrer particulièrement inquiets de ce passage à vide et déterminés à poursuivre leur stratégie d'expansion dans de nouveaux domaines, dont les télécommunications.

Dans une lettre au président de la Commission fédérale des communications (FCC) américaine rendue publique vendredi, M. Schmidt indique que Google entend consacrer 4,6 milliards de dollars aux enchères à venir pour l'attribution de nouvelles fréquences.

Il demande toutefois que la FCC adopte pour ces enchères un cahier des charges garantissant une plus forte concurrence entre opérateurs et un choix plus étendu pour les consommateurs. L'attribution de ces fréquences pourrait révolutionner le paysage des télécommunications américaines. Elles seront ouvertes à n'importe quel téléphone, mettant ainsi fin au privilège dont disposent les opérateurs de n'accepter que des appareils autorisés sur leur réseau, comme le fait par exemple ATT avec le nouvel iPhone d'Apple.

Cette bande des fréquences de 700 mégahertz, qui sont libérées par les chaînes de télévisions américaines en train de passer au numérique, doit être vendue aux enchères par la FCC d'ici à fin janvier 2008.