Un front uni contre les spéculateurs

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sont tombés d'accord lundi à Meseberg pour limiter l'influence des fonds spéculatifs, le premier insistant sur la lutte contre les "prédateurs" et l'autre sur la nécessaire "transparence" des marchés financiers. Le Président français et la chancelière allemande étaient réunis pour un sommet informel, le troisième du genre depuis la prise de fonction de M. Sarkozy le 16 mai.

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sont tombés d'accord lundi à Meseberg pour limiter l'influence des fonds spéculatifs, le premier insistant sur la lutte contre les "prédateurs" et l'autre sur la nécessaire "transparence" des marchés financiers. Le Président français et la chancelière allemande étaient réunis pour un sommet informel, le troisième du genre depuis la prise de fonction de M. Sarkozy le 16 mai. La "moralisation des marchés financiers" contre les "prédateurs" menaçant les emplois, selon M. Sarkozy - pour sa part, Mme Merkel préfère parler de "transparence" des marchés - est un sujet de préoccupation majeur pour les deux dirigeants, après la crise des crédits hypothécaires à risque aux Etats-Unis. "La transparence des marchés financiers, leur règlement et leur supervision constituent des éléments essentiels si nous voulons éviter des corrections excessives " indique un communiqué commun publié à l'issue de la rencontre, dans une allusion à l'envolée des taux d'intérêts sur les prêts interbancaires. La crise a pris d'autant plus d'ampleur que les opérateurs n'avaient pas réalisé à temps à quel point le marché de l'immobilier aux Etats-Unis était malsain.

Le texte met en cause la responsabilité des agences de notation sur la santé financière des entreprises, à qui la Commission européenne, comme de nombreux experts, reproche de ne pas avoir vu venir la crise. Les deux parties se prononcent de plus pour l'élaboration d'un code de conduite pour les fonds spéculatifs (hedge funds). Mme Merkel, dans le cadre du G8, présidé par son pays, a déjà défendu cette idée, qui a été repoussée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Identité de vues, sur le fond sinon dans le vocabulaire. Il faut "moraliser le capitalisme financier", a lancé M. Sarkozy. Il faut assurer "la transparence des marchés financiers", a renchéri Mme Merkel, lors d'une conférence de presse commune, à l'issue de leur rencontre. "On ne peut plus laisser quelques dizaines de spéculateurs mettre par terre tout un système international, emprunter dans n'importe quelles conditions, acheter à n'importe quel prix, ne pas savoir qui prête", a affirmé M. Sarkozy. "Nous voulons un capitalisme pour les entrepreneurs et non pas pour les spéculateurs", a-t-il ajouté. La chancelière a martelé qu'il fallait assurer "les conditions de la transparence" des marchés. Elle a insisté pour que la présidence portugaise de l'Union européenne se saisisse avec "clarté" de ce dossier, en vue de l'adoption de décisions au sommet européen du printemps 2008. "Nous, la France et l'Allemagne, nous voulons prendre ensemble l'initiative", a-t-elle dit. Et de recommander "une action coordonnée". (AFP)