73.000 employés de General Motors en grève

Près de 73.000 employés du constructeur automobile General Motors ont entamé ce lundi un mouvement de grève en Amérique du nord, faute de pouvoir finaliser un renouvellement du contrat salarial d'entreprise après plusieurs semaines de négociations. Brandissant des pancartes affichant "en grève", des employés syndiqués ont commencé à installer des piquets de grève dans plusieurs usines de GM.

73.000 employés de General Motors en grève
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AFP

Près de 73.000 employés du constructeur automobile General Motors ont entamé lundi un mouvement de grève en Amérique du nord, faute de pouvoir finaliser un renouvellement du contrat salarial d'entreprise après plusieurs semaines de négociations. Brandissant des pancartes affichant "en grève", des employés syndiqués ont commencé à installer des piquets de grève dans plusieurs usines de GM. Il s'agit du premier mouvement de grève chez GM depuis 1998, mouvement qui avait coûté 2 milliards de dollars à GM après 53 jours de blocage.

Le syndicat UAW avait lancé dans la nuit un appel à la grève pour 11H00 locales (15H00 GMT) malgré de récentes avancées dans les négociations. Les deux parties discutaient depuis des semaines pour renouveler le contrat salarial d'entreprise noué en 2003 et arrivé à expiration le 14 septembre. Après l'expiration de cette date-butoir, syndicat et direction avaient continué à discuter, l'ancien contrat salarial étant reconduit d'heure en heure.

Au coeur des âpres discussions figurent la question de la protection sociale des 460.000 retraités du groupe et de leurs conjoints. Ce volet, qui représente des engagements de 50 milliards de dollars pour GM, a éclipsé les autres points du contrat (salaires, bonus...) car la direction voudrait imposer un changement culturel historique au syndicat: l'arrêt de la prise en charge de ces frais par le constructeur au profit de la création d'un fonds commun de placement ("VEBA") financé en actions GM. Ce mode de financement est très mal vu par l'UAW, qui a en mémoire la faillite retentissante du courtier en énergie Enron en 2001, dont le fonds de gestion des retraites des salariés avait été réduit à néant.

A la Bourse de New York, l'action GM évoluait dans le vert malgré le déclenchement de la grève (+0,89% à 35,25 dollars vers 15H45 GMT), le marché pariant sur une résolution rapide de la crise: GM est en trop mauvaise posture face à ses rivaux japonais pour se permettre une grève dure. "Dans l'appel à la grève, l'UAW a évoqué des inquiétudes sur +la sécurité de l'emploi et autres questions+ comme les bonus aux dirigeants, mais n'a pas mentionné explicitement la question de la couverture sociale des retraités, ce qui est sans doute le signe que les deux parties sont parvenues à un accord" sur ce point capital, estime Himanchu Patel, analyste chez JPMorgan. "Déçu", GM a répondu à l'ultimatum de l'UAW en faisant part de son espoir de finaliser "un accord ensemble qui permette de s'adapater aux défis de concurrence auxquels nous faisons face".

Le patron de l'UAW Ron Gettelfinger a tenu la direction de GM pour responsable de l'échec des négociations, lui reprochant d'exiger trop de concessions salariales pour aligner la compétitivité de GM sur les constructeurs asiatiques. Ces derniers détiennent désormais 50% du marché automobile américain après leur montée en puissance des dernières années. "Nous sommes choqués et déçus que GM n'ait pas voulu reconnaître ni apprécier la contribution de nos membres au cours des quatre dernières années", a-t-il déclaré. Le syndicat a estimé "avoir fait son possible pour rester à la table des négociations neuf jours après l'expiration du précédent contrat salarial".

"Depuis 2003, nos membres ont fourni des efforts extraordinaires à chaque fois que le groupe a rencontré des difficultés", a poursuivi M. Gettelfinger, en faisant référence aux concessions déjà lâchées par l'UAW: restructuration entamée en 2005, réductions de salaires et départs volontaires pour supprimer 30.000 emplois et fermer une dizaine d'usines.

Un accord entre GM et le syndicat de l'automobile doit servir de base de travail pour les négociations à venir entre Ford, Chrysler et l'UAW. Au total, les trois grands de Detroit ont perdu 25 milliards de dollars depuis 2005.

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