C'est la fin d'ABN Amro

L'offre de rachat record (71 milliards d'euros) du consortium de banques européennes emmené par la britannique Royal Bank of Scotland sur leur consoeur ABN Amro a réussi comme attendu, le consortium ayant annoncé lundi avoir reçu 86% des actions de la banque néerlandaise.

Belga
C'est la fin d'ABN Amro
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L'offre de rachat record (71 milliards d'euros) du consortium de banques européennes emmené par la britannique Royal Bank of Scotland sur leur consoeur ABN Amro a réussi comme attendu, le consortium ayant annoncé lundi avoir reçu 86% des actions de la banque néerlandaise.

"Jusqu'à présent, environ 1.590.339.614 actions ordinaires ABN AMRO ont été apportées", et ces actions "représentent approximativement 86% des actions ordinaires d'ABN Amro", a annoncé lundi dans un communiqué le consortium formé par la britannique RBS, la belgo-néerlandaise Fortis et l'espagnole Santander. "La condition minimale d'acceptation de l'offre a été remplie", a-t-il ajouté.

Les analystes avaient prédit depuis plusieurs semaines une victoire écrasante du consortium dans la course au rachat d'ABN Amro, qui représente la plus grande transaction jamais réalisée dans le secteur bancaire. Vendredi, la banque britannique Barclays, qui avait proposé également de racheter la banque basée à Amsterdam pour un montant nettement inférieur (63 milliards d'euros aux cours de clôture de jeudi), avait reconnu sa défaite dans cette bataille.

Dans un communiqué laconique, ABN Amro a indiqué avoir "pris acte" de la réussite de l'offre du consortium, qui va conduire à la disparition de cet établissement dont les racines remontent à 1824, et qui était considéré comme l'un des joyaux de l'économie néerlandaise. Les trois alliés RBS, Fortis et Santander comptent en effet démanteler la banque au logo vert et jaune, se partager ses différentes activités et supprimer plusieurs milliers d'emplois au passage.

ABN Amro aurait préféré un succès de l'offre de Barclays, qui aurait donné naissance à l'une des toutes premières banques d'Europe. ABN Amro avait d'ailleurs accepté initialement l'offre de Barclays, les deux banques ayant célébré leurs fiançailles le 23 avril.

ABN Amro avait de plus tenté de mettre des bâtons dans les roues du consortium en vendant sa filiale américaine LaSalle, sur laquelle RBS avait jeté son dévolu, à Bank of America. Mais le consortium avait persévéré malgré cette "pilule empoisonnée", et, face au montant élevé de l'offre de celui-ci, la banque néerlandaise avait fini par retirer son soutien à Barclays sans pour autant l'apporter au consortium, laissant ses actionnaires choisir librement à qui ils apporteraient leurs titres.