Deux fois plus d'autos propres en 2007

Vous le savez sans doute : le gouvernement a mis en place un incitant fiscal destiné à promouvoir les voitures propres. Une mesure qui commence à porter ses fruits. Cette année, les Belges devraient en effet acheter deux fois plus de voitures propres que l'an passé, soit environ 1 900 véhicules.

Patrick Van Campenhout
Deux fois plus d'autos propres en 2007
©Volkswagen

Vous le savez sans doute : le gouvernement a mis en place un incitant fiscal destiné à promouvoir les voitures propres. Une mesure qui commence à porter ses fruits. Cette année, les Belges devraient en effet acheter deux fois plus de voitures propres que l'an passé, soit environ 1 900 véhicules. On parle ici des voitures émettant moins de 105 grammes de CO2 au kilomètre. Elles donnent droit, pour les particuliers, à une réduction sur facture de 15 pc, accessoires et TVA compris. Une aide limitée toutefois à 4 270 € (montant indexé 2007). Les véhicules produisant moins de 115 grammes bénéficient d'une mesure identique mais à hauteur de 3 pc (à concurrence de 800 €, montant indexé).

La percée de la Toyota Prius a motivé une série de campagnes publicitaires de la part des constructeurs. Citroën veut persuader les acheteurs de la sobriété de ses véhicules, mais aucun ne correspond à la catégorie "moins de 105 g". Seat, par contre, a fait un argument de vente de la réduction de 15 pc pour son modèle Ibiza Ecomotive avec filtre à particules (FAP) censé ne dégager que 99 grammes de CO2 au km. Et les modèles bénéficiant de cette aide se multiplient. Aux côtés de la Prius (104 g) et de la Smart Fortwo diesel (88 g), on retrouve une VW Polo Bluemotion (avec FAP, 99 g), une BMW Mini Cooper (104 g) et une Daihatsu Cuore (104 g).

Filtre à particules

Notez au passage que la réduction fiscale sur facture est agrémentée d'une réduction fiscale de 200 € valable à l'achat d'un véhicule diesel équipé d'un filtre à particules, si le moteur émet moins de 130 grammes de CO2 au kilomètre. Les deux aides sont cumulables.

Y a-t-il une tendance à l'élargissement de la gamme de voitures propres (ou moins polluantes) ? Pour Nadine Atanassoff, conseillère économique de la Febiac (Fédération belge de l'Industrie de l'Automobile et du Cycle), "la tendance est de toute manière imposée par l'Europe, mais il y a clairement un élargissement de la gamme d'une année sur l'autre". C'est surtout vrai pour les véhicules permettant de bénéficier de la réduction immédiate de 3 pc. En effet, on trouve ici une foule de petits modèles 1 l essence ou 1,4 l diesel (HDI) particulièrement sobres. Citons en vrac des Citroën C1, C2 et C3, une Fiat Panda 1,2 l au gaz naturel (GNC) ou 1,3 l MJTD. On y retrouve aussi la Honda Civic hybride, un véhicule très évolué qui ne produit plus que 109 grammes de CO2 au kilomètre. Suivent la Daihatsu Trevi 1 l essence, la Lancia Ypsilon 1,3 Multijet, la Mazda II 1,4 l CDVI, la nouvelle Renault Twingo 1,5 l DCI, et la Clio animée par le même moteur (puissant, économique mais pas toujours solide, nous dit-on), et des dérivés de Smart 1 l essence, pour terminer par la Toyota Aygo 1 l essence ou 1,4 l diesel.

Voilà pour le guide d'achat repris d'ailleurs, et régulièrement mis à jour, sur le site de l'administration fédérale de l'Environnement (www. health.fgov.be).

4 pc des immatriculations

A noter que les chiffres des ventes de voitures propres de cette catégorie n'ont pas décollé d'une année sur l'autre avec, fin septembre, quelque 16 000 unités contre 24 151 pour l'ensemble de 2006. Au total, les véhicules propres ne représenteront jamais que 4 pc des immatriculations belges en 2007. Mais le prix du baril pourrait susciter d'autres vocations...

Ce qui est intéressant également, c'est que les ventes globales de véhicules de ce type ont aussi bien été effectuées par des particuliers que par des entreprises. Il faut en effet se souvenir que si les particuliers bénéficient d'un avantage direct au moment de l'achat par le biais d'une réduction de leur facture, les entreprises qui offrent un véhicule de fonction à leurs salariés sont pénalisées depuis le 1er janvier 2005 par une "taxe CO2" en fonction du niveau d'émission des véhicules mis à disposition. Ici, il faut s'attendre à un effet retard. Mais il devrait toucher un cinquième du parc automobile belge.

© La Libre Belgique 2007