Electrabel dans la course à l'éolien

Le groupe Suez a visiblement décidé d'investir massivement dans l'éolien. Sa filiale belge Electrabel a annoncé hier avoir racheté à la société Gamesa deux nouveaux parcs éoliens au Portugal : le parc de Mourisca et celui de Fafe II, développant à terme une puissance totale de 64 MW. L'investissement s'élève à 93,5 millions d'euros.

Electrabel dans la course à l'éolien
©Devoghel
Ariane van Caloen

Le groupe Suez a visiblement décidé d'investir massivement dans l'éolien. Sa filiale belge Electrabel a annoncé hier avoir racheté à la société Gamesa deux nouveaux parcs éoliens au Portugal : le parc de Mourisca et celui de Fafe II, développant à terme une puissance totale de 64 MW. L'investissement s'élève à 93,5 millions d'euros. "Une fois l'extension du parc éolien de Fafe terminée, l'entreprise disposera d'une capacité d'énergie éolienne installée de plus de 600 MW en Europe", souligne le communiqué publié hier.

Fin septembre, Suez Energy North America rachetait la société canadienne Ventus spécialisée dans l'éolien qui a des projets de capacités de production pour 2000 MW. Et ce n'est pas fini. Même si ce n'est encore confirmé officiellement, Suez devrait annoncer, dans les prochains jours, le rachat de 50 pc de la Compagnie du Vent, un des rares projets éoliens de taille en France (90 MW de capacité installée). Le prix évoqué dans la presse française valorise la société à 750 millions d'euros, soit 13,5 fois le bénéfice opérationnel prévu en 2010. "Ce qui représente une prime d'environ 30 pc par rapport aux valorisations actuelles" (10,3 fois les bénéfices pour EDF Energy), note Steven De Proost, analyste chez Dexia.

D'après Frédéric Dawans, le cofondateur de la société belge Air Energy, il n'est pas évident de produire des mégawatts rentables avec l'éolien surtout en France où "les mécanismes de soutien sont moins élevés qu'en Belgique". Le système des certificats verts en vigueur en Belgique assure un prix de 20 pc supérieur à celui qui est appliqué France où le prix de rachat (80 €/MWh) est garanti pendant 15 ans. "Selon nos critères, les projets en France ne sont pas rémunérateurs", poursuit Frédéric Dawans.

"Pas de bulle"

En payant un tel prix pour la Compagnie du Vent, le groupe Suez ne participe-t-il donc pas à la bulle boursière pour le renouvelable ? Sans vouloir confirmer la transaction, Gérard Mestrallet, le patron de Suez s'en défend. "Il n'y a pas de bulle. L'Union européenne a décidé de réserver 20 pc de la production électrique renouvelable en subventionnant les prix. L'engouement est justifié par le choix des autorités publiques", a-t-il expliqué à Rome en marge du Congrès mondial de l'énergie. Et de préciser que le futur groupe fusionné GDF Suez s'intéressera à l'éolien "mais pas de façon frénétique. Nous sommes plutôt hydraulique et assez biomasse".

Pour certains observateurs, Suez et surtout sa filiale Electrabel ont réalisé assez récemment que le renouvelable, et notamment l'éolien, n'était pas uniquement une chimère pour écolos. En cela, ils ont été moins visionnaires que le groupe espagnol Iberdrola qui est le premier acteur mondial sur le front des éoliennes grâce notamment au rachat de l'entreprise Scottish Power. La valorisation de sa filiale Iberenova spécialisée dans le renouvelable ne cesse d'augmenter. On parlait de 15 milliards d'euros en juin.