"La croissance clairement menacée"

Plusieurs incertitudes pèseront sur la croissance en 2008, malgré un mouvement global en faveur d'un redressement, ressort-il de l'enquête conjoncturelle publiée jeudi par la Fédération des entreprises de Belgique. Cette année, le rythme de croissance de l'économie belge s'est " fortement ralenti" après l'été, notamment en raison de l'augmentation de la facture énergétique et de l'appréciation de l'euro par rapport au dollar, défavorables aux exportations, selon la FEB.

P.Lo
"La croissance clairement menacée"
©BELGA

Plusieurs incertitudes pèseront sur la croissance en 2008, malgré un mouvement global en faveur d'un redressement, ressort-il de l'enquête conjoncturelle publiée jeudi par la Fédération des entreprises de Belgique.

Cette année, le rythme de croissance de l'économie belge s'est "fortement ralenti" après l'été, notamment en raison de l'augmentation de la facture énergétique et de l'appréciation de l'euro par rapport au dollar, défavorables aux exportations, selon la FEB. Les incertitudes sont notamment liées à la crise des crédits hypothécaires aux Etats-Unis, mais aussi à l'accélération rapide de l'inflation en Belgique, à la suite de l'augmentation du prix des produits énergétiques et de certains produits alimentaires. "Nous prévoyons que l'inflation connaîtra en 2008 une croissance en volume de 1,9 pc, ce qui est inférieur à la prévision générale de croissance économique de 2,6 pc pour 2007", commente Rudi Thomaes, administrateur délégué de la FEB.

La hausse du prix des matières premières et de l'énergie, la pénurie de main-d'oeuvre et la faiblesse du dollar constituent autant de risques pour les entreprises exportatrices, selon la FEB. "Dans ces circonstances, aucun secteur ne prévoit d'amélioration de la rentabilité et les entreprises exportatrices belges sont mises à mal par la montée de l'euro", estime M. Thomaes.

Réduire les marges bénéficiaires n'est plus envisageable pour de nombreux exportateurs industriels, ajoute la FEB, qui entonne son refrain en faveur de la réduction des coûts salariaux, surtout pour l'industrie. Malgré ces incertitudes, les investissements des entreprises devraient progresser de plus de 5 pc en 2007 et les perspectives en la matière restent également positives pour les six prochains mois.

"Neuf secteurs sur dix environ s'attendent toutefois à une poursuite des problèmes de capacité de production, lesquels sont en majeure partie imputables à des difficultés de recrutement. Il en découle une pression à la hausse sur les salaires qui pèse sur les perspectives d'emploi. Seuls 14 pc des secteurs sont optimistes quant à la création d'emplois au cours des six prochains mois", précise Philippe Donnay, conseiller économique de la FEB.

La rentabilité des entreprises actives en Belgique s'est rapprochée de sa moyenne historique, sans toutefois atteindre le niveau des trois pays voisins, ce qui fait dire à la FEB que cette rentabilité "n'est pas exceptionnelle". Et que, malgré ce mouvement global en faveur d'un redressement, "le niveau de rentabilité dans l'industrie est toujours inférieur à celui d'il y a dix ans".

(avec Belga)