L'Europe ne veut pas d'un champagne américain

Le 28 septembre, un container était intercepté à Anvers, en transit à destination du Nigeria. A l'intérieur, des bouteilles de vin mousseux américain comportant les mentions "California champagne" et "André champagne cellars". Mardi dernier, les autorités douanières belges ont procédé à la destruction des 3 288 bouteilles. Pourquoi ? Parce que l'étiquetage mentionnait frauduleusement l'appellation champagne.

A.Ma.
L'Europe ne veut pas d'un champagne américain
©BELGA

Le 28 septembre, un container était intercepté à Anvers, en transit à destination du Nigeria. A l'intérieur, des bouteilles de vin mousseux américain comportant les mentions "California champagne" et "André champagne cellars". Mardi dernier, les autorités douanières belges ont procédé à la destruction des 3 288 bouteilles. Pourquoi ? Parce que l'étiquetage mentionnait frauduleusement l'appellation champagne.

Selon le règlement communautaire 1383/2003 du 1er juillet 2004, le système de surveillance douanière déjà pratiqué en matière de lutte contre la contrefaçon des marques, brevets, etc., est étendu à l'"indication géographique" et permet donc aux autorités douanières de contrôler les marchandises qui rentrent sur le territoire européen et de les retenir si elles portent atteinte à une indication géographique. A savoir "le nom d'un lieu géographique qui désigne un produit qui en est originaire et dont la qualité et les caractéristiques sont dues essentiellement au milieu géographique". En clair, seuls les vins produits en Champagne ont le droit de s'appeler champagne. Dans l'Union européenne, comme dans la plupart des pays du monde y compris au Nigeria, l'appellation champagne est efficacement protégée et reconnue comme indication géographique. Cependant, quelques rares pays, dont les Etats-Unis, n'accordent pas le statut d'indication géographique au champagne. Aux Etats-Unis, les vins mousseux peuvent donc comporter le nom champagne, mais leur importation dans tous les pays qui reconnaissent et protègent l'appellation est interdite.

Bruno Paillard, représentant le Comité interprofessionnel du vin de Champagne, a rappelé jeudi que "depuis l'entrée en vigueur de la réglementation européenne, les douaniers dans toute l'Europe ont bloqué et fait détruire à 11 reprises des contrefaçons représentant plus de 14 000 bouteilles". Et d'ajouter : "Les vignerons et maisons de Champagne luttent vigoureusement pour que l'appellation champagne soit reconnue et protégée partout dans le monde et, en particulier, aux Etats-Unis."

De façon générale, la contrefaçon représente 7 à 10 pc du commerce mondial, et près de 20 millions de produits contrefaits ont été saisis en Belgique en 2006, a souligné Noël Colpin, administrateur des douanes et accises. Dans l'ensemble de l'Union européenne, 253 millions d'objets contrefaits ont été saisis en 2006 (dont beaucoup de produits alimentaires), contre seulement 10 millions en 1998, selon l'Organisation mondiale des douanes.

(avec AFP)