L'action Société Générale dopée par les rumeurs

Le titre Société Générale est reparti en nette hausse mercredi en raison de nouvelles spéculations d'offre émanant cette fois du géant britannique HSBC, jugées pourtant peu crédibles par les intervenants.

L'action Société Générale dopée par les rumeurs
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Le titre Société Générale est reparti en nette hausse mercredi en raison de nouvelles spéculations d'offre émanant cette fois du géant britannique HSBC, jugées pourtant peu crédibles par les intervenants.

L'action a gagné jusqu'à 6 pc pour finalement clôturer à 81,75 euros, en hausse de 3,22 pc. Ces spéculations interviennent alors que la banque devait réunir en fin de journée son conseil d'administration, sans doute pour approuver les modalités de l'augmentation de capital qui lui permettra de consolider sa situation financière ébranlée par l'annonce d'une perte de trading record et des dépréciations liées à la crise du marché du crédit.

Une étude de Merrill Lynch estimant que HSBC pouvait se permettre une offre valorisant la Société Générale jusqu'à 126 euros par action - soit près de 60 milliards d'euros, dont une partie, 15 milliards, serait payée en cash - a semble-t-il mis le feu aux poudres.

La banque britannique, qui a acquis le CCF en 2000, a indiqué qu'elle ne commentait jamais les spéculations de marché. "J'en doute beaucoup. HSBC a assez de problèmes comme cela avec ses actionnaires activistes. Elle s'intéresse plus aux pays émergents et je ne pense pas qu'elle serait à l'aise avec le profil de risque de la banque d'investissement de la Société Générale", estime Jean-Pierre Lambert, analyste de la banque américaine Keefe, Bruyette & Woods à Londres.

Bouton entendu

Le pdg de la Société Générale, Daniel Bouton, a lui été entendu mercredi par les juges Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset en tant que partie civile dans l'enquête sur la perte record imputée à l'un de ses traders, Jérôme Kerviel. M. Bouton a été entendu pendant 45 minutes, selon Me Jean Veil, avocat de la banque, selon qui cette audition était "purement formelle". "Il a confirmé la constitution de partie civile de la banque", a ajouté l'avocat qui a affirmé n'avoir "aucun commentaire à faire". Selon une source proche du dossier, M. Bouton a fait état au cours de son audition de sa "formidable colère" contre le trader qui "a fait perdre à la banque presque une année de travail de 130 000 personnes et a entaché la réputation de la banque". Le Pdg n'a pas détaillé les mécanismes utilisés par Kerviel qui ont abouti à une perte de 4,82 milliards d'euros.

Cette audition fait suite à celle du secrétaire général du groupe, Christian Schricke, qui avait déjà été entendu le 31 janvier. M. Schricke avait alors fourni aux "des explications sur l'organigramme de la Société Générale en précisant quel était le positionnement de M. Kerviel à la banque et notamment au sein de la division banque d'investissement et de financement". (AFP)