L'informateur du Liechtenstein est un ancien archiviste

L'informateur du Liechtenstein qui a vendu des informations bancaires à l'Allemagne lui permettant d'enquêter sur une affaire de fraude fiscale sans précédent est Heinrich Kieber, un ancien employé de banque chargé de numériser des archives, selon la presse allemande.

L'informateur du Liechtenstein est un ancien archiviste
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AFP

L'informateur du Liechtenstein qui a vendu des informations bancaires à l'Allemagne lui permettant d'enquêter sur une affaire de fraude fiscale sans précédent est Heinrich Kieber, un ancien employé de banque chargé de numériser des archives, selon la presse allemande.

L'identité complète de l'informateur, Heinrich Kieber, 42 ans, est révélée par l'hebdomadaire der Spiegel à paraître lundi. "Kieber avait accès en 2001 et 2002 à la totalité des documents de la banque fiduciaire LGT-Treuhand, parce qu'il numérisait les archives papier", indique le magazine.

Les services secrets allemands (BND) lui ont donné une nouvelle identité après qu'il eut remis personnellement des informations aux enquêteurs du fisc allemand le 12 juin 2007, ajoute der Spiegel. L'informateur "a apparemment vendu les informations aux autorités américaines" qui ont commencé leurs enquêtes à l'été 2007, poursuit le magazine citant des informations en provenance du Liechtenstein.

Il "les avait aussi proposées à la Grande-Bretagne mais avait rompu les négociations parce qu'elles traînaient en longueur", selon l'hebdomadaire. Berlin a reconnu il y a une semaine que les services secrets allemands avaient versé, avec l'aval du gouvernement, entre 4 et 5 millions d'euros à un informateur pour acquérir des données bancaires venues du Liechtenstein.

Le nom de Heinrich K. avait été avancé par le Wall Street Journal la semaine dernière, mais selon la presse allemande, le président du BND Ernst Uhrlau avait démenti qu'il s'agissait de l'informateur en question. M. Kieber avait contacté les services secrets sous une fausse identité, se faisant passer pour une femme dans le premier courrier électronique qu'il leur avait adressé en janvier 2006, indique pour sa part le quotidien Süddeutsche Zeitung de samedi.

Dans ce courrier, il a motivé son acte en disant "ne plus supporter" la magouille et la tricherie, cite le journal. Le parquet financier de Bochum (ouest) a confirmé au quotidien avoir, outre la LGT, "une deuxième banque du Liechtenstein dans le collimateur", sans préciser son nom ni comment les enquêteurs allemands étaient parvenus à mettre la main sur des documents concernant les clients de cet institut.

Par ailleurs, dans le cadre du scandale de fraude fiscale, le parquet enquête contre "trois agents fiduciaires au Liechtenstein dont l'ancien patron de la banque fiduciaire LGT à Vaduz, Nicola Feuerstein, pour aide à la fraude fiscale", selon le Süddeutsche Zeitung. Actuellement, plus d'une demie douzaine d'employés de banques allemandes, soupçonnés d'avoir aidé des clients à frauder le fisc, font l'objet de procédures d'enquête, ajoute le journal.