L'informateur de l'Allemagne craint pour sa vie

L'homme qui a transmis aux services secrets allemands (BND) des données bancaires de clients du Liechtenstein a exprimé par mail avoir peur pour sa vie, rapportent deux hebdomadaires à paraître lundi.

L'informateur de l'Allemagne craint pour sa vie
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AFP

L'homme qui a transmis aux services secrets allemands (BND) des données bancaires de clients du Liechtenstein a exprimé par mail avoir peur pour sa vie, rapportent deux hebdomadaires à paraître lundi. "Vous mettez ma vie en danger", a écrit Heinrich Kieber au BND, selon l'hebdomadaire allemand Focus.

L'informateur, qui reproche au BND de ne pas avoir réussi à maintenir secrète son identité, lui a demandé une nouvelle identité afin de pouvoir refaire sa vie éventuellement en Amérique du Sud. Mais les services secrets ont refusé, selon la même source.

D'après le magazine Der Spiegel, Kieber a peur d'avoir à faire à des puissants clients de la banque LGT dont il a transmis les noms au BND, comme des membres de la famille royale saoudienne, ou de la famille de l'ancien dictateur indonésien Suharto, mort en janvier.

En Allemagne, tandis que les perquisitions se poursuivent dans le cadre d'une enquête sur un millier de contribuables soupçonnés d'avoir caché leur fortune au Liechtenstein, 134 clients se sont livrés à la justice dans l'espoir d'un allègement de peine, selon Der Spiegel. Parmi eux des "grands noms" de la branche du textile et de la cosmétologie, d'après la même source.

Par ailleurs, selon Focus, le prince héritier du Liechtenstein Alois s'est déclaré prêt à imposer les revenus issus des fondations des contribuables allemands et de transmettre cet impôt au fisc allemand. Cette mesure permettrait selon les calculs de la principauté de verser en moyenne chaque année entre 800 millions et un milliard d'euros à l'Allemagne.

Depuis la révélation du scandale, la chancelière Angela Merkel met le Liechtenstein sous pression et exige qu'il livre des informations sur les Allemands qui investissent dans la principauté, comme il le fait pour les investisseurs américains.