Après UBS, au tour de Crédit suisse

Après UBS, c'est au tour du Crédit Suisse d'être lourdement affecté par la crise des crédits aux Etats-Unis. Au cours du premier trimestre 2008, la deuxième banque suisse a enregistré une perte de 2,148 milliards de francs suisses.

Après UBS, au tour de Crédit suisse
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Henry Lamy

Correspondant en Suisse

Après UBS, c'est au tour du Crédit Suisse d'être lourdement affecté par la crise des crédits aux Etats-Unis. Au cours du premier trimestre 2008, la deuxième banque suisse a enregistré une perte de 2,148 milliards de francs suisses. Au total, la crise du "subprime" lui a coûté 10 milliards de francs depuis l'été dernier, ce qui reste largement plus supportable que les presque 40 milliards de l'UBS évaporés sur le marché américain.

Pas de catastrophisme

Le ton n'est certes pas à l'autosatisfaction du côté du Crédit Suisse, mais son CEO, Braddy Dougan, tempère quelque peu les inquiétudes liées aux mauvais résultats de la banque en début d'année : "Le premier trimestre est clairement insatisfaisant. Néanmoins, au cours de cette même période, nous avons réussi à réduire notre exposition dans les secteurs affectés et nous continuerons à le faire de manière disciplinée. A l'exception des secteurs directement affectés par la crise du crédit, la plupart de nos activités ont enregistré de bonnes performances, proches et parfois supérieures à celles du premier trimestre 2007".

Au cours du mois d'avril, le marché a profité d'une certaine accalmie. Les positions à risques ont d'ailleurs été nettement réduites. Le spectre d'une recapitalisation n'est donc pas du tout agité au Crédit Suisse. "Les participations sur le marché hypothécaire ont diminué d'un quart à 19,3 milliards de francs et nos engagements s'élèvent encore à 20,8 milliards de francs", ajoute Braddy Dougan. "Crédit Suisse n'a pas besoin de recapitalisation : notre ratio de fonds propres est très fort". Les analystes financiers partagent ce même optimisme même s'ils reconnaissent qu'on n'est pas encore sorti de la crise. "La position du Crédit Suisse n'est pas si calamiteuse que cela. Son business model semble tenir la route et au cours du premier trimestre, la banque a enregistré un afflux net de nouveaux capitaux de plus de 13 milliards de francs", souligne François Savary, directeur des Investissements chez Rey & Cie. "La tempête qui a soufflé sur le monde financier suisse devrait se calmer même s'il faudra encore entre 6 et 12 mois pour en sortir totalement. Elle est apparue tôt chez nous car les banques ont divulgué beaucoup de choses. Dans d'autres pays, la réglementation comptable est différente, ce qui permet d'inclure ces pertes au niveau du bilan. Cela ne passe pas par les pertes et profits. Dès lors on peut encore s'attendre à des surprises..."

Pour l'heure, les banques tentent de sortir certains actifs. Crédit Suisse y travaille tout comme UBS et la Deutsche Bank. Des acheteurs s'intéressent à ces produits, dès lors l'exposition tend à se réduire. Le bout du tunnel n'est donc peut-être plus très loin.