RBS pourrait sacrifier 7 000 postes

Royal Bank of Scotland (RBS) pourrait supprimer 7 000 postes, a affirmé lundi le "Financial Times". Selon le journal, la deuxième banque du Royaume-Uni va démarrer cette semaine le processus d'intégration, dans son groupe, de la banque d'affaires d'ABN Amro.

RBS pourrait sacrifier 7 000 postes
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Royal Bank of Scotland (RBS) pourrait supprimer 7 000 postes, a affirmé lundi le "Financial Times". Selon le journal, la deuxième banque du Royaume-Uni va démarrer cette semaine le processus d'intégration, dans son groupe, de la banque d'affaires d'ABN Amro. Cette branche de la banque néerlandaise avait été acquise cet automne dans le cadre de l'offre publique d'acquisition lancée par RBS, Fortis et Santander sur ABN Amro. Cette opération porte les effectifs de RBS dans les activités de marchés à 28 000 salariés. C'est donc un quart des postes de cette branche qui pourrait disparaître sous peu.

Le "Financial Times" ajoute que la banque écossaise n'a pour l'instant procédé qu'à très peu de suppressions de postes, mais qu'elle est désormais sous pression pour "agir de manière plus agressive" , en raison de la crise du crédit qui a poussé de nombreux autres établissements à tailler dans leurs coûts. RBS avait annoncé la semaine dernière la plus grosse augmentation de capital de l'histoire du Royaume-Uni (12 milliards de livres, soit 15 milliards d'euros), en raison de l'acquisition très coûteuse d'ABN Amro, et de lourdes pertes liées à la crise financière.

Cette levée de fonds massive est plus qu'embarrassante pour le président et surtout le directeur général Fred Goodwin, qui avait très clairement exclu de recourir à une telle opération au moment de l'acquisition de la banque néerlandaise, et qui avait assuré encore en février que la banque était correctement capitalisée. Certains investisseurs lui avaient reproché à l'époque du rachat d'avoir eu les yeux plus gros que le ventre en se lançant à l'époque dans une surenchère avec la banque britannique rivale Barclays.

"Regrettable mais inévitable"

Commentant les informations du "Financial Times", hier, RBS s'est contenté de confirmer que des suppressions de postes étaient au programme, comme elle le répète depuis l'acquisition, mais sans confirmer les chiffres évoqués par le "Financial Times". "Nous avons toujours dit que l'union de nos activités de banque d'affaires et de celles d'ABN Amro entraînerait des pertes d'emplois dans les 2 ans qui suivent. C'est regrettable, mais inévitable" , a déclaré le groupe dans un communiqué.

La banque d'Edimbourg a simplement ajouté qu'elle allait devoir ramener à une "taille appropriée" ses activités directement affectées par la crise du crédit. "A la lumière des circonstances dans lesquelles se trouvent certains pans du marché du crédit, nous nous interrogeons également sur la taille appropriée pour nos activités touchées par la crise" , a indiqué un porte-parole de la banque.

Royal Bank of Scotland avait acquis ABN Amro l'an dernier pour 71 milliards d'euros, ce qui constitue la plus grosse acquisition de l'histoire du secteur bancaire, dans le cadre d'un consortium avec les banques belgo-néerlandaise Fortis et espagnole Santander. RBS s'est arrogé les opérations de banque de détail en Asie et de banque d'affaires d'ABN Amro. De son côté, Fortis a récupéré les activités de banque de détail aux Pays-Bas, ainsi que les divisions de gestion du patrimoine et de banque d'affaires servant les petites et moyennes entreprises. Enfin Santander a hérité des activités italiennes (qu'il a aussitôt revendues pour 9 milliards d'euros) et brésiliennes d'ABN.


UBS et les Américains aussi Lundi, la banque UBS a fait l'objet de rumeurs annonçant de nouvelles dépréciations d'actifs et la suppression de 8000 postes. Ces suppressions d'emplois s'ajouteraient ainsi à celles évoquées chez Royal Bank of Scotland (lire ci-dessus) et chez plusieurs banques américaines durement touchées par la crise financière. L'établissement helvétique, qui avait déjà annoncé fin octobre la suppression de 1500 postes dans la banque d'investissement, pourrait procéder au total à 8000 licenciements, soit près de 10 pc de l'ensemble de ses salariés, selon le journal dominical suisse "Sonntag". Environ 3000 suppressions de postes seraient annoncées dans la banque d'investissement le 6 mai, lors de la présentation des résultats trimestriels, poursuit le journal, et 5000 devraient suivre peu après. Une porte-parole d'UBS a indiqué "ne pas commenter les rumeurs de marchés". Mercredi, le directeur général, Marcel Rohner, avait affirmé que "certaines activités n'appartenant pas au coeur de métier seraient réduites", notamment dans la banque d'investissement, principale responsable de la débâcle d'UBS dans la crise des crédits hypothécaires. "Sonntag" affirme également que l'établissement pourrait annoncer de nouvelles dépréciations d'actifs de l'ordre de 9,7 milliards de dollars, selon des sources internes d'UBS. Le groupe, qui a subi des dépréciations d'actifs d'un total de 37,4 milliards de dollars depuis l'été dernier, dont 19 milliards au seul premier trimestre, s'attend pour les trois premiers mois à une perte de 12 milliards de francs suisses. De leur côté, Citigroup, Merrill Lynch et Wachovia avaient déjà annoncé à elles trois 12400 suppressions d'emplois il y a quinze jours. Mais les licenciements dans le monde bancaire américain ne devraient pas s'arrêter de sitôt tant que sévit la crise du crédit. Depuis le début de l'année, le secteur des services financiers aux Etats-Unis a supprimé 36000 emplois, selon le chiffre publié par le cabinet Challenger, Gray & Christmas, qui ne prend pas en compte les 9000 suppressions d'emplois annoncées à la mi-avril par Citigroup. Et ce chiffre devrait encore être fortement augmenté par les nombreuses suppressions attendues parmi les 14000 employés de Bear Stearns, la cinquième banque d'investissement des Etats-Unis, rachetée au bord de la faillite par JP Morgan. (D'après AFP, Reuters)