La FEB prévoit un ralentissement de la croissance

Après la Banque nationale de Belgique la semaine passée, c'est au tour de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) de miser, ce mardi, sur un ralentissement de la croissance en 2008, avec une hausse estimée à seulement 1,5 pc du PIB, "ce qui est nettement moins que le taux de 1,9 pc prévu au budget", ont souligné les responsables de la fédération patronale.

Belga
La FEB prévoit un ralentissement de la croissance
©Johanna de Tessières

Après la Banque nationale de Belgique la semaine passée, c'est au tour de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) de miser, ce mardi, sur un ralentissement de la croissance en 2008, avec une hausse estimée à seulement 1,5 pc du PIB, "ce qui est nettement moins que le taux de 1,9 pc prévu au budget", ont souligné les responsables de la fédération patronale.

Si l'année 2007 s'est révélée positive, avec une croissance de l'économie belge de 2,8 pc, un renversement de tendance a été amorcé au début de cette année, sous le poids notamment de la crise des subprimes aux Etats-Unis, de l'envolée des prix des matières premières en général et du pétrole en particulier, et de la dépréciation du dollar par rapport à l'euro, a précisé Rudi Thomaes, l'administrateur général de la FEB, au cours d'une conférence de presse.

Dans ce contexte, les patrons interrogés par la fédération dans le cadre de son enquête semestrielle se montrent moroses. Ainsi, les responsables de près d'1 secteur sur 2 sont pessimistes quant à la situation économique des 6 prochains mois et seul 1 sur 5 envisage encore favorablement ses perspectives d'investissement. Par ailleurs, 3 secteurs sur 4 prévoient une détérioration de leur rentabilité et aucune amélioration des exportations n'est attendue, en raison notamment de la force de la monnaie unique européenne.

"Le ralentissement sera également perceptible sur le marché de l'emploi", a poursuivi Rudi Thomaes. "Alors que 30 pc des secteurs se disent optimistes quant à la situation actuelle en matière d'emploi, aucun ne l'est pour les 6 prochains mois même si certaines activités - comme la chimie, le dragage ou la construction, s'en sortent mieux", a-t-il indiqué. En 2007, quelque 80.000 nouveaux postes avaient été créés. A la lumière de ces éléments, toute nouvelle indexation pose problème et contribue à creuser le handicap salarial de la Belgique par rapport à ses voisins, a encore estimé en substance la fédération patronale. Selon les chiffres de l'OCDE, les coûts salariaux belges devraient croître, sur la période 2007-2008, de 7,4 pc, contre une hausse de 4,7 pc dans les 3 pays voisins.

Sans surprise, la FEB appelle donc à "un renforcement de la modération salariale ainsi qu'à une amélioration de l'efficacité et du coût des pouvoirs publics" afin d'éviter le "scénario-catastrophe" des années 70, période au cours de laquelle l'inflation galopante couplée au mécanisme d'indexation avait finalement conduit à des destructions d'emplois.

Le débat sur l'indexation doit avoir lieu "sans tabou", a ajouté la fédération, réagissant ainsi aux déclarations du gouverneur de la BNB, Guy Quaden. La semaine dernière, ce dernier s'était demandé si les gros salaires devaient eux aussi bénéficier du mécanisme d'indexation. "Par le passé, nous avons déjà procédé à de petites adaptations de l'index. Pourquoi est-ce que cela serait tabou aujourd'hui", s'est interrogé l'administrateur délégué de la FEB en plaidant pour que le gouvernement ne "saucissonne" par les problématiques.

"Personne n'a de solution miracle pour satisfaire toutes les parties et les négociations relatives à l'accord interprofessionnel 2009-2010 seront historiquement difficiles. Mais nous disons qu'il vaut mieux dialoguer que bloquer les rues et l'économie", a conclu Rudi Thomaes, après une semaine d'actions en faveur du pouvoir d'achat et à la veille d'une manifestation des transporteurs, des négociants en carburant et des agriculteurs.