Avions ravitailleurs : revers pour EADS

La Cour des comptes américaine (GAO) a donné raison, mercredi, à Boeing qui contestait les conditions d'attribution par le Pentagone d'un méga-contrat d'avions ravitailleurs à l'européen EADS et son partenaire américain Northrop, laissant présager une remise en cause du dossier. Edito: EADS, victime du patriotisme américain?

Avions ravitailleurs : revers pour EADS
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La Cour des comptes américaine (GAO) a donné raison, mercredi, à Boeing qui contestait les conditions d'attribution par le Pentagone d'un méga-contrat d'avions ravitailleurs à l'européen EADS et son partenaire américain Northrop, laissant présager une remise en cause du dossier. "Notre étude nous a conduit à conclure que l'Air Force a commis nombre d'erreurs significatives qui pourraient avoir affecté le résultat d'une compétition qui était serrée entre Boeing et Northrop Grumman", a estimé la Cour, à l'issue d'un examen de trois mois de la procédure. L'armée de l'Air américaine a annoncé son intention d'étudier ces conclusions avant de décider ou non de relancer la compétition.

Cette recommandation, qui constitue un revers cinglant pour l'armée de l'Air et pour EADS, maison mère d'Airbus, est le dernier épisode d'une histoire aux multiples rebondissements. Ce contrat de 35 milliards de dollars avait déjà été attribué à Boeing avant d'être annulé pour fraude et avait valu la prison à deux cadres de l'avionneur. L'annonce du GAO risque de retarder encore une fois le renouvellement d'une flotte vétuste de "stations-service volantes". Le président exécutif d'EADS, Louis Gallois, a avoué sa "déception", tout en réaffirmant que l'appareil proposé avec Northrop était de son point de vue "le meilleur". La décision du GAO repose sur une "évaluation du processus de sélection" et pas sur les mérites de l'offre, a-t-il dit.

L'action EADS a perdu 2,51 pc à 13,21 € jeudi, au lendemain de l'avis du GAO. Les analystes de Natixis relativisaient l'impact de cette nouvelle, estimant dans une note qu'il s'agit d'"un nouveau retard dans le démarrage du projet" ayant "un effet négatif, mais mineur, sur le titre". Ils chiffrent, en effet, à seulement "un euro" la valeur par action de ce contrat de 35 milliards de dollars pour la fourniture de 179 avions ravitailleurs. "Nous estimons que l'Air Force cherchera à obtenir le même résultat au final, mais qu'il faudra plusieurs mois avant d'aboutir", a expliqué Natixis. Merrill Lynch, par contre, a émis des doutes sur la capacité d'EADS à remporter de nouveau l'appel d'offres, "étant donné le battage politique autour de l'attribution" du marché. L'annonce du choix de l'armée de l'Air américaine, fin février, avait suscité une levée de boucliers protectionnistes au sein du Congrès. (AFP)

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