ABX : "Que la Cour des comptes se penche sur le dossier"

Le dossier ABX, du moins sa gestion par les anciens dirigeants de la SNCB, Etienne Schouppe en tête, sera-t-il un jour examiné par une instance neutre pour y faire toute la lumière ? Certains, comme l'ancien président de la Chambre Herman De Croo (VLD), plaident pour qu'une commission d'enquête parlementaire s'en saisisse. Mais les échos à sa proposition sont timides.

Ph. Law.

Le dossier ABX, du moins sa gestion par les anciens dirigeants de la SNCB, Etienne Schouppe en tête, sera-t-il un jour examiné par une instance neutre pour y faire toute la lumière ? Certains, comme l'ancien président de la Chambre Herman De Croo (VLD), plaident pour qu'une commission d'enquête parlementaire s'en saisisse. Mais les échos à sa proposition sont timides.

Piqué au vif par les déclarations de Johan Vande Lanotte (SP.A), ex-ministre de tutelle des Entreprises publiques (LLB, 23/06), Etienne Schouppe (CD & V) fait une nouvelle proposition. "Il faut faire examiner le dossier par la Cour des comptes, car j'en ai marre qu'on me tienne pour responsable de tout ce qui s'est passé. La constitution d'ABX a coûté 560 millions d'euros, montant auquel il faut ajouter le crédit de restructuration de 175 millions. Il y a eu des provisions pour 500 millions, mais ce montant n'a pas, à mon avis, été sorti. J'aimerais savoir où il est passé", nous a confié l'actuel secrétaire d'Etat à la Mobilité. Il dit avoir abandonné le dossier en 2002.

D'après lui, la décision de vendre, en 2006, le réseau ABX qu'il avait initié n'a nullement été dictée par la Commission européenne. "Comment l'Europe pouvait-elle les forcer à vendre ABX d'autant plus qu'à la même période, la Deutsche Bahn rachetait notamment Schenker et que la SNCF prenait une participation dans Geodis ? C'est une décision politique prise par M. Vande Lanotte. En 2002, j'étais déjà en négociation pour fusionner ABX avec DSV dans le cadre d'un mariage d'égal à égal, mais comme il y avait une plainte à la Commission européenne par l'UPTR contre ABX Belgique pour concurrence déloyale aux camionneurs, DSV s'est ravisé", dit-il.

Aventure de 1,4 milliard

Il se demande pourquoi, en 2004, quand le groupe danois est revenu à la charge, les gestionnaires du dossier ABX ne lui ont pas donné les mêmes garanties que celles qu'ils allaient accorder deux ans plus tard au fonds d'investissement britannique 3i. D'après lui, ils se sont engagés auprès de 3i à prendre en charge les restructurations sociales en cas de condamnation de l'Europe. Il rappelle qu'en 2006, lors de la vente à 3i, ABX présentait déjà un résultat opérationnel positif. Mais, selon nos informations, aux montants de départ qui s'élèvent à 735 millions d'euros (mise de constitution plus le crédit de restructuration avalisé par l'Europe), il faut rajouter plus de 250 millions d'euros déboursés dans le cadre de la vente de l'activité d'ABX en France (aujourd'hui CoolJet), ainsi que des frais de consultance et des provisions lors de la signature du "deal" avec 3i. Au total, on arriverait à une ardoise de plus de 1,4 milliard d'euros.

En 2002, ABX affichait un résultat opérationnel négatif de près de 90 millions d'euros et était comptabilisé en perte pour un montant de 350 millions dans le bilan de la SNCB.