Zeebrugge: la guéguerre entre GDF Suez et Publigaz

Le président du holding public Publigaz, Daniel Termont, n'a visiblement pas apprécié les propos de Gérard Mestrallet, le patron de GDF Suez, qui menace samedi dans "Le Soir" et "De Morgen" de quitter le terminal gazier de Zeebrugge si l'Etat belge met un terme au contrôle du géant énergétique sur le terminal gazier.

Zeebrugge: la guéguerre entre GDF Suez et Publigaz
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Le président du holding public Publigaz, Daniel Termont, n'a visiblement pas apprécié les propos de Gérard Mestrallet, le patron de GDF Suez, qui menace samedi dans "Le Soir" et "De Morgen" de quitter le terminal gazier de Zeebrugge si l'Etat belge met un terme au contrôle du géant énergétique sur le terminal gazier. "Je ne suis pas impressionné. Si cela n'est pas possible avec Suez, d'autres groupes utiliseront le terminal", réagit le président de Publigaz. "Si, par une loi, on nationalisait Zeebrugge, notre hub sera ailleurs. Et le trafic à Zeebrugge baissera. Ce qui ne correspond pas à notre préférence", avait déclaré Gérard Mestrallet.

GDF Suez dispose pour l'heure de 60 pc des parts du terminal gazier, contre 30 pc pour Publigaz, qui souhaite que la participation de GDF Suez soit rabaissée. Daniel Termont plaide pour que les communes disposent d'une majorité des parts dans Fluxys, le gestionnaire du réseau de gaz naturel en Belgique. Daniel Termont, par ailleurs bourgmestre socialiste de Gand, a refusé au début du mois d'apposer sa signature au bas d'un préaccord avec GDF Suez. Dans ce contexte, Daniel Termont juge les propos de Gérard Mestrallet inadaptés. "Ce n'est pas une façon de négocier. Si telle est l'attitude de Suez, alors nous en tirerons nos conclusions. Si ce n'est pas possible avec Suez, d'autres groupes utiliseront le terminal", conclut-il.

Gérard Mestrallet s'est aussi prononcé sur la "golden share" (action avec droit de veto) que réclame le gouvernement belge dans GDF Suez. Elle "n'est pas prévue, à ce jour, par la législation française, indique Gérard Mestrallet. Les deux Etats se parlent et sont convenus de se concerter sur des sujets pouvant avoir un impact conséquent sur la Belgique. C'est une démarche pragmatique", ajoute-t-il.

Pas de cadeau

Il s'est également exprimé sur la contribution de 250 millions que le gouvernement Leterme entend faire payer à Electrabel, filiale de GDF Suez. "Nous attendons qu'il y ait plus de clarté", dit-il prudemment. Interrogé sur le même sujet par le "Tijd", Etienne Davignon, administrateur de GDF Suez, indique pour sa part que GDF Suez ne peut pas "faire un cadeau de 250 millions d'euros au gouvernement belge", tout en précisant que les négociations ne sont pas très avancées. (D'après Belga)


Jour J pour Suez Environnement Le nouveau groupe d'énergie GDF Suez sera coté en Bourse à Paris et à Bruxelles à partir de ce mardi, et pourrait devenir la deuxième entreprise française en valeur boursière, derrière le groupe pétrolier Total et devant l'électricien EDF. Cette cotation, liée à la fusion entre les deux entreprises, aura lieu en même temps que la mise sur le marché de Suez Environnement, le pôle eau et déchets de Suez. Le prix d'introduction de Suez Environnement sera de 14 euros par action, a indiqué lundi soir Nyse Euronext dans un communiqué, soit une valorisation de 6,86 milliards d'euros pour l'ensemble des actions du groupe. Ce prix d'introduction est dans le bas de la fourchette qui avait été fixé un peu plus tôt lundi par le directeur général de Suez Environnement, Jean-Louis Chaussade, qui estimait que celui-ci serait compris "entre 14 et 20 euros" par action. Interrogé sur l'éventualité que les conditions de marché affectent l'introduction en Bourse de Suez Environnement, M.Chaussade a déclaré : "Nous sommes portés par des marchés qui sont en croissance sur le long terme [...] Nos fondamentaux sont excellents." "Nous sommes très confiants dans l'introduction." Il juge aussi "peu probable" une offre publique d'achat sur son entreprise, dont le capital sera détenu à 35 pc par GDF Suez et à 12 pc par les grands actionnaires de Suez, liés par un pacte de 5 ans avec Suez. Il n'est "pas inquiet" qu'Albert Frère, président du Groupe Bruxelles Lambert (GBL) et deuxième actionnaire de SE, envisage de monter au capital. Suez Environnement vise une croissance annuelle moyenne de son Ebitda (résultat opérationnel) de 8 pc sur la période 2009-2010 hors acquisitions stratégiques. (AFP, Reuters)