Les villes européennes sont les plus onéreuses pour les "expat"

La faiblesse du dollar a entraîné d'importantes modifications dans le classement que publie chaque année le cabinet de conseil en ressources humaines Mercer(1). Objectif déclaré de cette enquête internationale sur le coût de la vie : aider les gouvernements et les grandes entreprises dans la gestion internationale de leur personnel.

M.Bs
Les villes européennes sont les plus onéreuses pour les "expat"
©Archives ImageDepot / Demoulin Bernard

En d'autres termes, elle sert aux entreprises pour calculer les primes d'expatriation de leurs cadres. Et, donc, 143 villes sont comparées à travers les prix de quelque 200 articles comme le logement, le transport, la nourriture, l'habillement, les appareils ménagers et les loisirs. Du point de vue de qui ? Là réside un peu la faiblesse du système. On ne parle effectivement pas ici du coût de la ville dans l'absolu, les paramètres du pouvoir d'achat et des salaires de ceux qui y vivent n'entrant pas en ligne de compte. Seul le point de vue de l'expatrié compte, dont les modes d'achat et de consommation constituent la base de la méthodologie. New York est prise comme ville de référence avec un indice 100.

Dans l'édition 2008 (qui porte sur 2007), les "expat" continuent à considérer Moscou comme la ville la plus chère du monde. C'est ainsi pour la troisième fois consécutive. Son indice n'a d'ailleurs fait que grossir dans l'intervalle, en raison du renforcement du rouble face au dollar et de l'augmentation des loyers (pour se fixer à 142,4 cette fois-ci). La seconde marche du podium a changé d'occupant, avec l'arrivée de Tokyo, deux places plus haut qu'en 2007 (indice : 127).

Londres (indice : 125), deuxième ville européenne du hit-parade, occupe la troisième place. Une de moins que l'année passée vu la baisse de la livre sterling face à l'euro. Oslo enregistre, en revanche, une progression spectaculaire. Sur fond de renforcement continu de la couronne norvégienne, la capitale où les prix ont augmenté de moitié en cinq ans monte six échelons en un an pour s'installer sur le quatrième (indice : 118,3).

Alors que le contexte économique fait disparaître les américaines du Top 50 (sauf New York dont l'indice 100 n'assure quand même qu'une 22e place, 7 de moins en un an), les asiatiques (Séoul 5e et Hong Kong 6e) dominent le classement avec les européennes.

Sur le vieux continent mais hors zone euro, Copenhague (7e, 117,2), Genève (8e, 115,8) et Zurich (9e, 112,7) se maintiennent dans les dix plus onéreuses de la planète, un top que referme Milan (10e, 111,3).

A l'occasion de cette édition, Bruxelles (seule belge examinée) a grimpé de la 44e à la 39e place.

On note, enfin, un fossé grandissant entre les villes les plus chères et les moins chères. Comme depuis six ans, la lanterne rouge revient à Ascension au Paraguay, avec un indice qui ne cesse de s'effriter : 52,5. Presque le tiers de Moscou...

(1) Filiale de la société cotée Marsh & McLennan Companies Inc, 18 000 collaborateurs dans 40 pays.